Au secours ! Revoilà Taubira et Belkacem !

Image : Le JDF

À quelques mois du sommet « Africa Forward », prévu en mai 2026 à Nairobi, l’Élysée prépare un nouvel objet administratif non identifié : un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas. L’information, révélée par L’Opinion puis confirmée par Le Figaro, n’a pas encore donné lieu à une annonce officielle, mais une note interne aurait déjà été transmise au chef de l’État.

Officiellement, l’objectif serait de « mobiliser les diasporas », de renforcer le partenariat africain et de structurer une politique publique plus ambitieuse dans ce domaine. Dans les faits, c’est une vision très particulière de la nation qui se dessine, organisée non plus autour de citoyens égaux, mais de groupes identifiés, catégorisés, représentés.

Un casting hautement politique

La liste des personnalités évoquées donne le ton. Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Pap Ndiaye, Achille Mbembe, Leïla Slimani, Simeng Wang, Teddy Riner, Lilian Thuram, Amel Bent, Dany Laferrière ou encore Lionel Zinsou : un mélange de figures médiatiques, d’anciens ministres socialistes, d’intellectuels militants et de célébrités soigneusement choisies. Dont quelques unes qu’on ne cesse de recaser…

Aucun hasard dans cette sélection. On y retrouve les porte-drapeaux habituels de la « diversité heureuse », les défenseurs du décolonialisme académique, les promoteurs du multiculturalisme institutionnel et les visages familiers des campagnes moralisatrices contre « le racisme systémique ».

La diversité, façon Macron, ressemble surtout à un entre-soi idéologique très homogène.

L’État se met à définir les identités

Selon les précisions de l’Élysée, la notion de « diaspora » inclurait non seulement les binationaux et les ultramarins, mais aussi les Français d’origine étrangère… jusqu’aux grands-parents. Autrement dit : l’inscription administrative de la filiation, de l’origine, de l’ascendance, comme critère politique pertinent.

Après avoir longtemps nié toute logique communautaire, le pouvoir l’organise désormais ouvertement. La République, censée ne reconnaître que des citoyens, s’apprête à consacrer des appartenances héritées comme base d’action publique.

Le pas est considérable.

Un nouvel étage dans la bureaucratie morale

Haut-Commissariat, comité, conseil, observatoire… l’inflation des structures symboliques est devenue une spécialité macronienne. Chaque sujet idéologique mérite son organisme, son budget, son logo, sa communication… et ses salaires ! Après tout, c’est Nicolas qui paie…

Celui-ci aura pour mission déclarée de « contrer la vision trumpienne de l’Europe » et « la guerre des civilisations qui se prépare ». Traduction : produire du discours, labelliser les bons acteurs, subventionner les bonnes causes, et rappeler régulièrement ce qu’il convient de penser.

Le tout sous couvert d’un vocabulaire apaisant, inclusif et prétendument rassembleur.

Une France fragmentée par le sommet

Ce projet intervient dans un contexte de défiance généralisée, de crise sociale persistante et de perte de repères civiques. Plutôt que de réparer l’unité nationale, l’exécutif choisit d’entériner la segmentation.

À défaut de rassembler les Français autour d’un destin commun, on leur proposera des collèges identitaires, des représentants communautaires et des symboles importés.

C’est plus simple à gérer. Et plus utile électoralement.

La République indivisible laisse place, lentement mais sûrement, à une mosaïque administrée.

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