Au Royaume-Uni, plusieurs rassemblements ont été organisés ces derniers jours pour rendre hommage à l’ayatollah Ali Khamenei, ancien guide suprême de la République islamique d’Iran, tué lors des frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël sur Téhéran.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des bougies, des portraits de l’ayatollah et des rassemblements organisés devant le Centre Islamique d’Angleterre, situé dans le nord de Londres. Des réunions similaires auraient également eu lieu dans d’autres villes britanniques, notamment à Birmingham et Manchester.
Ces cérémonies ont été organisées par des groupes affiliés à des associations étudiantes musulmanes, notamment les sociétés islamiques Ahlul Bayt (ABSoc), présentes dans plus de quarante universités britanniques. Certaines d’entre elles ont expliqué que ces rassemblements visaient simplement à honorer « un érudit religieux et un guide spirituel ».
Un hommage à une figure du régime iranien
Lors de ces veillées, selon plusieurs médias britanniques, des documents attribués au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) auraient été distribués. Cette organisation militaire constitue l’un des piliers du pouvoir iranien et joue un rôle central dans la stratégie régionale de Téhéran.
Des tracts auraient également présenté l’ayatollah défunt comme un « martyr », ce qui a suscité une vive polémique au Royaume-Uni.
Pour de nombreux observateurs, ces hommages posent une question politique sensible : comment des figures centrales d’un régime théocratique hostile aux démocraties occidentales peuvent-elles être célébrées publiquement sur le sol britannique.
Le rôle controversé du Centre Islamique d’Angleterre
Certaines cérémonies se sont déroulées devant le Centre Islamique d’Angleterre (ICE), une institution fondée en 1995 et historiquement liée à la République islamique d’Iran.
Le centre affirme agir comme une organisation religieuse et éducative indépendante, tout en rejetant toute accusation d’activité politique. Après la mort de Khamenei, il a publié un message évoquant « la perte d’un grand érudit religieux » et appelant à la paix entre les confessions.
Cependant, l’institution fait déjà l’objet d’une enquête ouverte en 2022 par la Charity Commission, l’organisme britannique chargé de surveiller les organisations caritatives. Cette enquête porte notamment sur la gouvernance et certaines activités du centre.
Des réformes ont déjà été imposées par les autorités, dont la suppression du poste de représentant officiel du guide suprême iranien.
Une polémique politique au Royaume-Uni
Ces événements ont relancé au Royaume-Uni un débat ancien sur la présence de réseaux militants liés à l’islam politique dans certaines institutions religieuses, universitaires ou associatives.
Pour plusieurs analystes et responsables politiques, ces rassemblements illustreraient l’existence d’une véritable « cinquième colonne » idéologique, composée d’activistes mêlant militantisme islamiste et discours politique radical, parfois soutenus par certains cercles universitaires ou militants de gauche.
Ksara Aarabi, analyste au sein de l’organisation United Against Nuclear Iran, a ainsi déclaré au quotidien britannique The Times que ces rassemblements étaient profondément préoccupants, rappelant que Khamenei avait soutenu des opérations hostiles aux intérêts britanniques.
Une fracture révélée par la mort de Khamenei
La mort du guide suprême iranien provoque des réactions diamétralement opposées à travers le monde.
Dans certaines régions d’Iran et au sein de la diaspora iranienne, des célébrations ont eu lieu pour marquer la disparition d’un dirigeant considéré comme l’architecte de la répression mise en place et appliquée par le régime.
Ailleurs, notamment dans certains milieux religieux ou militants, des manifestations de deuil ont été organisées.
Au Royaume-Uni, ces veillées ont ravivé une interrogation plus large sur la capacité de l’État britannique à encadrer l’influence de réseaux idéologiques étrangers sur son territoire.
Une question qui, une fois encore, met en lumière les tensions profondes entre liberté d’expression, activisme politique et sécurité nationale.
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