Attentat de Magnanville : un nouveau procès ordonné par la cassation

La Cour de cassation a ordonné, le 23 septembre, un nouveau procès, limité au chef de complicité de séquestration d’un mineur de moins de 15 ans, dans l’affaire de l’attentat de Magnanville (Yvelines).

Mohamed Lamine Aberouz, Franco-Marocain de 31 ans, avait été condamné en appel le 21 juin 2025 par la cour d’assises spéciale de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. La condamnation portait sur la complicité d’assassinat d’une personne dépositaire de l’autorité publique, la complicité de séquestration d’un mineur de moins de 15 ans et l’association de malfaiteurs terroriste.

La plus haute juridiction a entériné l’essentiel de cette décision. Elle a en revanche annulé la déclaration de culpabilité sur le chef de complicité de séquestration, en raison d’une nullité portant sur un aspect de forme rédactionnelle. L’arrêt relève une discordance entre la feuille de questions soumise au jury et la décision telle qu’elle a été rédigée. Le nouveau procès ne portera que sur ce chef litigieux.

L’attentat a été commis le 13 juin 2016. Jessica Schneider, 36 ans, a été égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de trois ans ; son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, a été poignardé de neuf coups de couteau. L’auteur, Larossi Abballa, ami de l’accusé, a été abattu par le RAID.

Déjà condamné dans un dossier d’attentat djihadiste, Mohamed Lamine Aberouz a toujours clamé son innocence, soutenant que Larossi Abballa avait agi seul.

Ses avocats, Vincent Brengarth et Nino Arnaud, ont jugé la décision « extrêmement rare ». « Si elle ne porte, sur le papier, que sur un point technique, elle ouvre la voie à un nouveau procès qui permettra de remettre en débat la question décisive de la présence de M. Aberouz sur les lieux et, par conséquent, celle de sa participation aux faits qui lui sont reprochés », ont-ils déclaré. Ils ont ajouté : « Depuis le début de cette affaire, [il] ne cesse de réaffirmer sa parfaite innocence et de soutenir qu’il n’était pas sur les lieux (…). Nous ferons tout notre possible pour que cette vérité puisse enfin être établie. »



Le Journal des Francais