Samedi 10 octobre, Gabriel Attal tient un meeting régional à Lyon, à l’Amphithéâtre 3.000. Dimanche, Jean‑Luc Mélenchon réunit les siens au Zénith Auvergne de Clermont‑Ferrand. À l’approche de la présidentielle, l’un et l’autre font de l’électorat jeune le cœur de leur message, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit.
Interrogé par le groupe Ebra, Jean‑Luc Mélenchon a déclaré tenir Gabriel Attal pour « personnellement responsable » d’une part de la révolte lycéenne, au motif qu’il « a été le rapporteur de la loi créant Parcoursup ». Il entend ériger cette plateforme d’orientation post‑bac en « un marqueur de l’élection présidentielle ».
Du côté de Renaissance, l’entourage de Gabriel Attal indique qu’il centrera son intervention sur la jeunesse et l’éducation, avec des propositions pour « un nouveau pacte pour la jeunesse ». Il s’en prendra à « l’instrumentalisation » du mouvement par La France insoumise comme à son « essentialisation » par le Rassemblement national.
Né mi‑septembre dans un lycée de Créteil, le mouvement s’est répandu sur l’ensemble du territoire. Vendredi, une source de l’exécutif a fait état d’une « nette décélération », même si une nouvelle journée d’action reste calée mardi.
Selon un sondage Ipsos‑BVA, parmi les 18‑24 ans déterminés à voter, Jean‑Luc Mélenchon obtient 41 à 43 % des intentions et Marine Le Pen 20 à 22 %. Testé comme candidat unique du bloc central, Gabriel Attal est crédité de 11 %, contre 14 % pour Édouard Philippe.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, qualifie la mobilisation de « positive ». « Nous portons l’ensemble de leurs revendications dans notre programme », précise‑t‑il.
Chez Gabriel Attal, on parle d’une « dépolitisation de la jeunesse » davantage tournée vers les causes que vers les partis, en ajoutant que « s’il y en a un qui se démarque par sa capacité à parler à la jeunesse dans le bloc central, c’est bien Gabriel ».
Avant de dévoiler des mesures — dont 3 000 professeurs remplaçants pour les lycées — l’exécutif a mis l’accent sur les débordements. Mercredi, Sébastien Lecornu a justifié sa gestion du maintien de l’ordre, a reporté certains arbitrages à la fin octobre et annoncé des dispositions visant la baisse du gazole et la stabilité des tarifs de l’électricité.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a concentré son message sur les violences. « Tu casses, tu payes. Et si tu ne peux pas payer, ce sont tes parents qui paieront à ta place jusqu’au dernier centime », a‑t‑il déclaré sur LCI. Bruno Retailleau, candidat des Républicains, a critiqué la suspension des grenades assourdissantes. Jeudi, Édouard Philippe a reconnu des « revendications légitimes et importantes » touchant Parcoursup et la santé mentale.
Pour Émilie Zapalski, spécialiste de la communication politique, la jeunesse demeure « un angle mort » des politiques publiques, les électeurs plus âgés se rendant davantage aux urnes.
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