Arc de Triomphe : un massacre annoncé, la France encore visée en plein cœur

Photo : Timelab

Vendredi soir, à deux pas de l’Arc de Triomphe, un homme armé d’un couteau et d’une paire de ciseaux a tenté de s’en prendre à des gendarmes en pleine cérémonie du ravivage de la flamme du Soldat inconnu. Quelques minutes plus tôt, il avait appelé un commissariat pour annoncer son intention de « commettre un massacre » afin de « venger les femmes et les enfants tués par les mécréants ». Les forces de l’ordre ont riposté. L’assaillant, blessé par balle, est décédé à l’hôpital.

Le parquet national antiterroriste a été saisi. La section antiterroriste de la brigade criminelle et la DGSI sont mobilisées. Le suspect était inscrit au fichier Micas et déjà lourdement condamné par le passé. Autrement dit : un profil connu, surveillé, signalé.

Et pourtant.

Un scénario devenu tristement familier

Le mode opératoire évoque ce que les spécialistes appellent un « suicide by cop » : provoquer les forces de l’ordre pour être abattu. La scène se déroule dans un lieu hautement symbolique, au cœur de la capitale, lors d’un moment solennel. Tout est pensé pour frapper les esprits.

La question n’est plus seulement celle de la dangerosité individuelle. Elle est celle de la répétition. Combien de fois faudra-t-il découvrir, après coup, que l’auteur était « connu des services », fiché, déjà condamné ? Combien de fois faudra-t-il constater que l’on savait, mais que l’on n’a pas pu – ou pas voulu – empêcher ?

On entendra, comme toujours, les appels à la « prudence sémantique », les rappels au « pas d’amalgame », les mises en garde contre « l’instrumentalisation ». Mais les faits sont têtus : un homme animé par une rhétorique religieuse de vengeance a tenté de tuer des gendarmes au pied d’un monument national.

Des forces de l’ordre en première ligne

Il faut dire les choses clairement : sans la réaction rapide des gendarmes, le bilan aurait pu être dramatique. L’un d’eux n’a dû la vie qu’à son équipement. Les militaires présents ont protégé la cérémonie, les collégiens sur place, le public.

Dans une France où l’on critique volontiers la police et la gendarmerie, où chaque intervention est disséquée, où la légitime défense est soupçonnée avant d’être comprise, cette séquence rappelle une réalité simple : ce sont eux qui encaissent, qui se dressent entre la violence et le reste de la société.

Le chef de l’État a exprimé sa solidarité. Le ministre de l’Intérieur s’est rendu sur place. Les mots étaient attendus. Mais les mots ne suffisent plus.

La France ne pourra pas éternellement traiter ces épisodes comme des anomalies successives ; ils forment un motif. Et un motif, à force de se répéter, devient un signal.

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