La cour d’assises de Paris a condamné, vendredi 25 septembre, Loïk Le Priol, 32 ans, à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Federico Martin Aramburu. Romain Bouvier, 35 ans, a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre, l’intention homicide ayant été retenue, ainsi que pour détention d’armes.
La cour n’a retenu ni la préméditation ni l’altération du discernement à l’encontre de Loïk Le Priol. Il a aussi été reconnu coupable de violences sur Shaun Hegarty. Les deux hommes sont soumis à cinq ans de suivi socio‑judiciaire.
L’avocat général Philippe Courroye avait requis 27 ans contre Le Priol et 20 ans contre Bouvier, estimant qu’ils avaient « administré leur justice privée ».
Les faits remontent au 19 mars 2022 à Paris, après une altercation alcoolisée au bar Le Mabillon. Federico Martin Aramburu, rugbyman argentin de 42 ans et double champion de France avec Biarritz, a reçu des tirs mortels dans le dos alors qu’il n’était pas armé. Romain Bouvier a ouvert le feu en premier ; Loïk Le Priol a tiré les deux coups mortels, sur six tirs au total.
Lyson Rochemir, ex-compagne de Loïk Le Priol, âgée de 29 ans, a été condamnée à trois ans de prison, dont trente mois avec sursis, pour avoir caché le téléphone de l’accusé et jeté sa carte SIM. Antony Sorrentino, 37 ans, a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir aidé Bouvier dans sa fuite, s’être débarrassé de son arme et avoir brûlé ses vêtements.
Le procès, d’une durée de trois semaines, a notamment comporté le visionnage d’images de vidéosurveillance et l’audition de témoins, dont Maria Aramburu, épouse de la victime. Avant le délibéré, Loïk Le Priol a déclaré : « Je porterai évidemment le poids de la culpabilité à vie ». Romain Bouvier a évoqué « la souffrance et la dignité de la famille de Monsieur Aramburu ».
Les accusés, militants d’ultradroite liés au GUD, n’ont pas contesté avoir tiré ; les débats ont porté sur l’intention homicide et la légitime défense.


