On les croyait rangés par la décision judiciaire définitive, ils reviennent par la porte des urnes. Une semaine après les élections municipales, plusieurs figures proches du «Comité Vérité pour Adama» revendiquent ouvertement leur entrée dans les institutions locales. Une évolution qui n’a rien d’anodin et qui confirme un glissement stratégique déjà perceptible depuis plusieurs années.
Le constat est posé sans détour par l’un des cadres du mouvement, Youcef Brakni : des militants issus du comité ont été élus dans plusieurs villes, notamment à Ivry-sur-Seine, à Paris ou encore à Beaumont-sur-Oise. Des postes d’adjoints ou de conseillers municipaux, qui peuvent sembler modestes à première vue, mais qui constituent en réalité un point d’appui solide pour une implantation durable… et autant de droits de vote pour élire les sénateurs !
Car derrière ces victoires locales, c’est une ligne politique qui s’affirme. Le discours est désormais clair : il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais de peser. Après des années de mobilisation judiciaire et médiatique autour de la mort d’Adama Traoré, le mouvement opère un changement de terrain. La justice n’ayant pas donné le résultat espéré par les proches du défunt, la bataille se déplace là où se prennent les décisions : dans les assemblées locales.
Le non-lieu confirmé par la Cour de cassation en février 2026, loin de marquer la fin du combat, est présenté par les intéressés comme un tournant. «Ce n’était pas une fin», affirment-ils, mais le début d’une nouvelle phase. Une phase qui passe par l’investissement politique, la formation de cadres et la constitution d’un réseau capable d’influencer concrètement les politiques publiques.
C’est dans ce cadre qu’est évoqué le développement de structures comme «Génération Leaders», présentée comme une école politique destinée à former de futurs responsables issus des quartiers populaires. Une initiative qui vise clairement à structurer un vivier militant, prêt à s’engager dans les échéances électorales à venir.
Le vocabulaire employé ne laisse guère place à l’ambiguïté : «prise de pouvoir au niveau local», «se déployer dans les sphères de pouvoir», «porter directement notre cause». Autant d’expressions qui traduisent une volonté assumée de transformer un mouvement militant en force politique organisée.
Reste une question, centrale : jusqu’où cette stratégie peut-elle aller ? Car si les premières percées municipales témoignent d’une capacité de mobilisation réelle, elles ouvrent aussi la voie à une recomposition du paysage local, où activisme et action publique tendent désormais à se confondre.
Une chose est sûre : le clan Traoré et ses relais n’ont pas dit leur dernier mot, et entendent bien s’installer durablement là où s’exerce le pouvoir.
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