Aoun et Abdallah II à Paris pour l’armée libanaise et l’après-Finul

Jeudi 17 septembre, Emmanuel Macron a accueilli à Paris le président du Liban, Joseph Aoun, ainsi que le monarque jordanien Abdallah II. L’homologue libanais a été reçu à l’Élysée ; le souverain, aux Invalides. Un échange à trois a précédé une réunion de travail réunissant des responsables militaires de haut rang issus des trois pays et d’États partenaires — parmi lesquels les États-Unis, l’Arabie saoudite et le Royaume-Uni.

Les échanges portent sur l’appui international au déploiement des Forces armées libanaises (FAL) sur tout le territoire, dans la perspective d’un désarmement du Hezbollah et d’un départ israélien du sud libanais. Un second volet concerne le dispositif appelé à prendre la suite de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), présente depuis 1978 et dont le mandat expire en décembre.

L’Élysée souhaite qu’à l’issue de cette journée « le contexte d’opération, les paramètres, les modalités de cette action soient clarifiés », condition posée à un appui « très robuste et opérationnel » de la communauté internationale, qu’il s’agisse de financements, d’équipements ou de formation. Il s’agit d’examiner « le plan de déploiement » des FAL, présenté comme un « plan clair, crédible, réaliste ».

Selon la présidence libanaise, Joseph Aoun et Emmanuel Macron ont abordé la situation intérieure, marquée par la poursuite de frappes israéliennes sur des localités et des villages. Ils ont évoqué les démarches visant à y mettre fin, dans le cadre des pourparlers libano-américano-israéliens et de « l’accord-cadre » qui en est issu. Israël a fait savoir qu’il maintiendrait sa présence dans le sud du Liban aussi longtemps que des menaces pèseraient sur sa sécurité.

Le chef de l’État libanais a salué l’initiative engagée par Emmanuel Macron avec la présidente du Conseil italien, Georgia Meloni, sur l’après-Finul. Il a signalé des « progrès réalisés dans l’élaboration de propositions au Conseil de sécurité concernant l’avenir de la présence internationale dans le sud du Liban ». Mardi, dans un entretien à l’AFP, il avait appelé de ses vœux une force de substitution — européenne ou d’une autre nature — pour prévenir un « vide » sécuritaire une fois le départ des troupes de la Finul engagé, à partir de janvier.

Joseph Aoun a aussi souligné l’enjeu d’une conférence consacrée à la reconstruction du Liban. Emmanuel Macron avait envisagé de l’organiser en parallèle d’une conférence d’appui aux FAL ; le déclenchement du conflit au printemps a conduit à reporter l’une et l’autre. Le président libanais a exprimé le souhait d’aboutir à un accord de sécurité avec Israël après l’achèvement du retrait de l’armée israélienne, tout en réaffirmant sa volonté de désarmer le Hezbollah « sans confrontation ». Il a appelé Américains, pays arabes et Européens à épauler l’armée libanaise, appelée à se déployer dans le sud du pays.

Sur le réseau X, le roi Abdallah II a pour sa part fait état d’un accord de coopération de défense, paraphé côté français par Catherine Vautrin, ministre des Armées. Les termes de ce texte n’ont pas encore été précisés.

La question libanaise figurera parmi les thèmes centraux de l’Assemblée générale de l’ONU, la semaine prochaine à New York.

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