Fin septembre, Anticor a fait parvenir aux juges d’instruction des observations tendant au renvoi d’Alexis Kohler devant un tribunal. Mis en examen depuis quatre ans, il est poursuivi pour des faits concernant ses liens de parenté avec l’armateur MSC. Fin août, le parquet national financier (PNF) avait au contraire requis un non-lieu.
Interrogée par l’AFP, l’association a déclaré « poursuivre pleinement son action dans ce dossier ». Agréée par le Premier ministre comme partie civile pour défendre l’intérêt général en matière de probité, elle invite les magistrats instructeurs à s’écarter des réquisitions du parquet. Tout au long de la procédure, souligne-t-elle, le PNF s’est « systématiquement positionné contre les poursuites visant Alexis Kohler, contrairement au juge d’instruction ».
Pour Anticor, M. Kohler doit répondre des faits non prescrits datant du 1er septembre 2014 à août 2016, alors qu’il dirigeait le cabinet d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie. Cet été, la cour d’appel de Paris a jugé prescrits ceux antérieurs à 2014.
La partie civile considère qu’il a outrepassé la simple fonction de « chef de gare » qu’il invoque : organisation de réunions, réception de notes préparatoires et arbitrages en amont d’une recapitalisation à laquelle MSC briguait une place. Elle réclame en outre l’examen de soupçons de trafic d’influence liés au poste de directeur financier de MSC, qu’il a occupé après avoir quitté Bercy.
Selon la défense, M. Kohler n’a pris part à aucune décision concernant MSC, a signalé à sa hiérarchie ses attaches familiales « très au-delà de ses obligations déontologiques » et ne se voit reprocher aucun enrichissement personnel. Contactée, la Société générale a refusé de s’exprimer. Âgé de 53 ans, M. Kohler occupe aujourd’hui les fonctions de directeur général adjoint à la Société générale ; il avait été secrétaire général de l’Élysée de 2017 à 2025. MSC est aux mains de la famille Aponte, cousins de sa mère.
Emmanuel Macron avait, en 2019, transmis au PNF une note personnelle selon laquelle son directeur de cabinet n’était jamais intervenu sur des dossiers MSC. Il revient désormais au juge d’instruction de classer l’affaire sans suite ou d’ordonner un procès.


