Agents publics en grève : 30 000 à Paris, lycées encore bloqués

Pour contester l’érosion de leur pouvoir d’achat, des dizaines de milliers d’agents de la fonction publique ont défilé mardi 29 septembre en France. La préfecture de police de Paris a indiqué un cortège de 30 000 personnes, parmi lesquelles 8 000 pompiers, sans incident majeur.

À l’échelle du pays, la CGT avance plus de 300 000 manifestants : 70 000 à Paris et 30 000 à Marseille, où les forces de l’ordre n’en ont dénombré que 3 800. Les chiffres officiels plaçaient à la mi-journée près de 10 % des agents de la fonction publique d’État en grève.

Les syndicats ciblent le niveau des rémunérations. Depuis 2017, le point d’indice n’a connu que deux revalorisations — 3,5 % en 2022, puis 1,5 % en 2023 —, soit un peu plus de 5 % au total, face à une inflation cumulée attendue à 24,17 % à la fin de 2026. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a déclaré : « Le gel du point d’indice, ça veut dire une baisse de salaire pour des millions d’agents publics qui sont déjà parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE ».

Parallèlement, les actions se sont poursuivies devant des lycées. À la mi-journée, le ministère de l’Éducation nationale faisait état de 316 établissements encore perturbés — 40 restaient bloqués et 44 faisaient l’objet de tentatives de blocage — sur les 338 sites touchés depuis le matin. Les organisateurs revendiquent pour leur part 400 établissements bloqués parmi les quelque 3 700 que compte le pays.

La veille, l’exécutif avait dénoncé des « violences urbaines » et annoncé 164 interpellations. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a critiqué la « surenchère irresponsable » d’élus de La France insoumise qui « appellent à étendre le mouvement ». Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a taxé LFI de « pompiers pyromanes » en fustigeant une « instrumentalisation politique ».

Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a justifié l’appui de son parti aux mobilisations lycéennes. « Je trouve qu’on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne », a-t-il assuré, estimant que « quand on partage les revendications d’une mobilisation, c’est normal qu’on l’appuie, qu’on la soutienne et qu’on appelle à ce qu’elle s’amplifie ». Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI), a jugé que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », avant d’ajouter : « Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux ».

0 Commentaires


Le Journal des Francais