À Lourdes, Léon XIV demande à Marie des dirigeants « sages et généreux » pour la France

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Léon XIV est arrivé samedi 26 septembre à l’aéroport de Tarbes-Lourdes dans la soirée, après la messe célébrée place de la Concorde. Il s’est rendu presque aussitôt à la grotte des apparitions. C’est sa troisième visite du sanctuaire. La première remonte à ses 19 ans, lorsqu’il n’était encore qu’étudiant. La deuxième a eu lieu une dizaine d’années plus tard, une fois ordonné prêtre. Samedi soir, c’est le successeur de Pierre qui est entré dans le creux de Massabielle.

Le recueillement a précédé la parole. Le pape a prié en silence devant la statue de la Vierge, puis il est entré dans la grotte en passant la main sur la pierre noire et lissée, le geste de millions de pèlerins. Il a bu un verre d’eau de la source, celle que l’Église fait remonter aux apparitions de 1858. Il a déposé un cierge sur le grand chandelier qui brûle jour et nuit. Avant de se retirer, il a laissé une rose d’or dans la grotte, comme il est d’usage lorsqu’un pape visite un sanctuaire marial. Il a passé la nuit au « chalet épiscopal », la résidence de l’évêque, où il prend aussi ses repas.

« Humble fille de France »

Léon XIV s’est adressé à « Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Conception », « en ce lieu béni où tu as parlé, avec tant de douceur et de tendresse, à sainte Bernadette, humble fille de France ». Il a rappelé le message de 1858 : prière, conversion, espérance. Puis il a prié pour le pays dont Marie est la patronne, « entourée de ta protection » durant tant de siècles.

Deux demandes structurent le passage sur la France. La première concerne le peuple : « le don de la concorde fraternelle », une « société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine », où chacun puisse « travailler, fonder sa famille et accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité », et où « les plus malheureux et les plus pauvres soient toujours soutenus ».

La seconde concerne ceux qui gouvernent. La formule, lue au creux de la grotte, est celle-ci : « Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. » Le pape a ajouté qu’ils gardent le pays « en paix dans le concert des nations », fassent entendre sa voix pour « la défense des droits humains fondamentaux » et pour « la paix dans le monde », « rejetant à jamais les logiques de guerre ».

Dans l’Église, prier pour les responsables d’un pays n’a rien d’inédit : cela se fait chaque dimanche, à la prière universelle. Le texte de samedi soir va toutefois plus loin qu’une intention générale. Il décrit un type d’homme d’État — sage, généreux, prêt à se sacrifier, tourné vers le bien commun — sans nommer personne, et sans viser une échéance. Le livret était bouclé avant l’arrivée du pape. La coïncidence avec une année pré-présidentielle n’est pas commentée par le Vatican. Elle n’a pas besoin de l’être pour être entendue.

Familles, vocations, malades

Après la France et ses gouvernants, Léon XIV a confié à Marie « le Peuple de Dieu qui chemine en ce pays ». Il a demandé que soit renouvelée « la foi et la ferveur des familles chrétiennes », qu’elles vivent « de la présence de Jésus » dans leurs difficultés, qu’elles soient « généreusement ouvertes à la vie », et que Dieu y suscite des vocations, « notamment sacerdotales et religieuses ». Il a prié pour que l’Église de France indique « surtout aux plus jeunes » la voie de l’Évangile, afin d’édifier « la société juste et fraternelle à laquelle ils aspirent ».

Il a terminé par les intentions « les plus pressantes » : les malades et les souffrants, ceux qui les accompagnent, « venus puiser la force et la guérison », les proches, les défunts. Dernière phrase : « Retire, nous t’en prions, tous les obstacles qui nous séparent encore de ton Fils bien-aimé, et fais qu’Il règne en tous les cœurs. »

Le programme d’aujourd’hui dimanche

Ce matin, Léon XIV doit rencontrer les évêques de France en séance de travail. Le discours prévu devrait aborder de front la loi sur la fin de vie. Il célébrera ensuite une messe en plein air, devant 150 000 fidèles annoncés, où le même sujet pourrait revenir.

L’après-midi, il rencontrera les personnels hospitaliers du sanctuaire, puis se rendra au carmel de Lourdes pour prier avec les contemplatives. Avant la veillée mariale aux flambeaux, un entretien est prévu avec une délégation de sept victimes d’abus sexuels. Lundi matin, le pape quitte Lourdes pour Metz, dernière étape française. Il est attendu lundi soir à Rome.

Un détail d’organisation accompagne la visite : les mosaïques de Marko Rupnik à la basilique du Rosaire ont été occultées pour l’arrivée du pape. Le sanctuaire avait déjà pris ses distances avec cet artiste, visé par des accusations d’abus. Le geste, discret, dit que Lourdes ne reçoit pas le successeur de Pierre dans l’état ordinaire de ses murs.

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Le Journal des Francais