Mercredi 14 octobre, un mineur de 13 ans a été placé en garde à vue sur commission rogatoire des juges d’instruction antiterroristes chargés de la fusillade survenue au collège d’Aubagne, a indiqué une source judiciaire. L’enquête, placée sous le secret, se poursuit ; des éléments supplémentaires seront communiqués à la fin de cette mesure, a précisé la même source.
Il est suspecté d’avoir entretenu des contacts, via TikTok, avec l’élève de 14 ans auteur des tirs. Son interpellation a eu lieu mercredi en fin de journée, dans le nord de la France.
Ce collégien de 14 ans, qui a blessé par balles le principal et une professeure à Aubagne (Bouches-du-Rhône), a été écroué mercredi soir, suivant les réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).
Les policiers examinent en particulier les appareils et supports numériques récupérés lors de la perquisition à son domicile. Le Pnat a constaté que l’intéressé multipliait les comptes sur Snapchat, ProtonMail, TikTok ou Discord. Une première exploitation de ces éléments, réalisée durant sa garde à vue, a fait apparaître qu’il adhérait vraisemblablement à la communauté « true crime » (TCC), sphère numérique obsédée par les tueries de masse. Sur l’un de ces profils, il ne republiait que des contenus rattachés à ce milieu, d’une violence extrême et surtout centrés sur les tueries en milieu scolaire, avait indiqué le Pnat mercredi.
En se saisissant de l’affaire, le Pnat a pour la première fois en France relié un passage à l’acte à cette mouvance apparue en Amérique du Nord.
« C’est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l’Union européenne, parce qu’on la voit croître », a commenté jeudi matin sur franceinfo Olivier Christen, à la tête du Pnat. Cette menace « reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste » : « la menace jihadiste représente à peu près 88 % des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs », a-t-il conclu.


