Mouvement lycéen : troisième réunion avec Édouard Geffray

Avant la troisième rencontre entre les organisations lycéennes et le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, prévue jeudi 15 octobre à 17h30 à Paris, des établissements demeurent bloqués.

Selon la préfecture, une vingtaine d’étudiants d’HEC se tenaient le matin devant leur école, munis de pancartes, pour soutenir le mouvement lycéen. L’action devait rester confinée à la matinée, sans couvrir l’ensemble de la journée. Dans un communiqué, ils écrivent : « Nous sommes conscientes et conscients qu’en tant qu’élèves à HEC, nous faisons partie des étudiantes et étudiants les plus privilégiés de ce pays ». Ils indiquent que cette prise de parole « a pour seul but d’amplifier la parole des étudiantes et étudiants ».

D’après la préfecture, le blocage concerne dans le Rhône treize lycées de Lyon et de son agglomération, ainsi que trois universités. Six personnes ont été interpellées par la police. Dans la matinée, le ministre se rendait dans l’agglomération bordelaise.

« On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps », a déclaré à l’AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens !, en déplorant n’avoir obtenu que des « miettes » jusqu’à présent. Au terme de la réunion du 8 octobre, Les Lycéens ! et l’Union syndicale lycéenne (USL) avaient exprimé leur mécontentement et invité à poursuivre les actions. Nathanaël Combary, pour Renouveau lycéen, avait quant à lui salué « quelques avancées », en particulier s’agissant de la place des lycéens au sein d’organes consultatifs.

Sans abandonner le dispositif en place, l’exécutif s’est montré disposé à revoir l’accompagnement à l’orientation au lycée et à faire évoluer Parcoursup. Annoncé la semaine précédente et complété par des embauches de contractuels, le redéploiement de 3 000 enseignants titulaires remplaçants n’a pas convaincu les lycéens mobilisés, qui pointent les heures de cours perdues faute de remplacements.

D’après le ministère, 160 établissements restaient bloqués mercredi en fin de matinée. Sur les 3 700 lycées français, a indiqué Édouard Geffray, un tiers n’a « jamais été perturbé », un tiers a connu « une perturbation très modérée sur une durée très limitée » et un tiers « une perturbation plus importante ». Il a aussi évoqué environ 150 personnels blessés, trente-sept établissements « partiellement incendiés » et 36 enquêtes ouvertes par la police des polices. Il a dénoncé à plusieurs reprises « une violence totalement débridée dirigée contre le service public de l’éducation ».

Leur principal syndicat appelle les proviseurs à une « opération rideaux » jeudi après-midi, confinée au traitement des urgences, pour exprimer leur « ras-le-bol ». Né le 17 septembre dans un établissement de banlieue parisienne, le mouvement a gagné l’ensemble du territoire. L’exécutif compte sur les vacances pour y mettre fin. Au lendemain d’une journée de mobilisation mardi, estimée entre 161 000 et 480 000 personnes, des organisations de jeunesse invitent à rejoindre samedi le cortège aux côtés de gilets jaunes.

0 Commentaires


Le Journal des Francais