Agirc-Arrco : ouverture des négociations sur la revalorisation

Les négociations annuelles portant sur la revalorisation des pensions de retraite complémentaire des anciens salariés du privé ont débuté mercredi 14 octobre entre syndicats et patronat, cogestionnaires de l’Agirc-Arrco. Quatorze millions de retraités sont concernés.

Fraction variable de la pension totale — de l’ordre de 30 % pour les bas salaires, contre environ 60 % pour les cadres —, ces pensions sont revalorisées au 1er novembre et non en janvier, contrairement à celles du régime général.

Les règles du régime limitent strictement les options. L’Insee table sur une inflation de 2 % en 2026. Les pensions subissent par principe une sous-indexation de 0,4 point par rapport à cette inflation. Le conseil d’administration peut toutefois aligner le taux sur l’inflation ou appliquer une sous-indexation supplémentaire de 0,4 point, sans dépasser la hausse du salaire moyen, évaluée à 1,9 %. Un accord situerait donc la revalorisation entre 1,2 % et 1,9 %.

L’année précédente, le défaut d’entente entre cogestionnaires avait entraîné un gel total des pensions.

Place de la Bastille, à Paris, un rassemblement de 200 à 300 retraités s’est tenu à la mi-journée derrière les drapeaux de Solidaires, de la FSU et de la CGT, pour réclamer une hausse fixée au maximum. Des mobilisations du même ordre ont eu lieu dans plusieurs villes de France.

« Il faut que les retraités puissent vivre dignement. Cette revalorisation n’est pas un luxe », a déclaré Pauline Laby-Leclercq, secrétaire régionale de l’UNSA. Cathy Tran-Phung-Co, secrétaire générale de l’UCR-CGT, a jugé qu’une hausse inférieure à l’inflation serait « inacceptable » après le gel de 2025 et alors que le gouvernement prévoit d’économiser 5,5 milliards d’euros sur les retraites en 2027 en gelant ou sous-indexant les pensions de base pour les personnes touchant plus de 1 260 euros.

Le Medef appelle à « faire preuve de responsabilité » pour « préserver durablement le régime », en soulignant la dégradation des indicateurs économiques et des finances publiques.

Les réserves du régime dépassent aujourd’hui 90 milliards d’euros, soit dix mois de versements. Les gestionnaires doivent garantir en permanence, sur quinze ans, l’équivalent de six mois de prestations. Un point de revalorisation coûte environ un milliard d’euros de plus, auxquels s’ajoute la progression naturelle des dépenses liée au vieillissement, de l’ordre de 1,5 milliard d’euros par an.

Conçu à l’origine pour 2023-2026, l’accord de pilotage signé en 2023 restera applicable jusqu’après l’élection présidentielle. De nouvelles discussions sont prévues à l’automne 2027 pour fixer les paramètres de la période 2027-2030.

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