Une trentaine de maires corses adoptent un statut de résident

Une trentaine de maires de petites communes rurales corses ont fait adopter, ces dernières semaines, des délibérations instaurant un « statut de résident ». Le dispositif réserve l’achat de biens immobiliers aux personnes vivant en Corse depuis au moins cinq ans.

Un logement corse sur trois est une résidence secondaire, soit plus d’un tiers du parc. Les élus concernés, souvent nationalistes, entendent freiner la spéculation immobilière et garantir l’accès au logement des résidents permanents.

Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité d’un vœu adopté par l’Assemblée de Corse en 2014. Près de 70 élus et citoyens se sont réunis à l’université de Corse, à Corte, à l’appel des maires. Une association transpartisane a été créée pour promouvoir les délibérations, défendre les communes attaquées et rédiger un pré-projet de loi.

Le conseil municipal de Bastia, commune de 47 000 habitants dirigée par le maire autonomiste Gilles Simeoni, doit présenter une délibération similaire. M. Simeoni l’a qualifiée de « rapport de force fondamentalement démocratique » pour faire évoluer le droit.

Les délibérations sont systématiquement retoquées par la justice administrative et par la préfecture, comme l’illustre un courrier adressé à Pietracorbara le 1er septembre 2026. L’article 34 de la Constitution réserve au législateur les principes fondamentaux du régime de la propriété. Pierre Nebbia, maire de Lopigna, affirme : « Mais ce qui est illégal peut être juste ». Selon lui, ces démarches ont déjà dissuadé des ventes.

Une pétition en ligne, relayée par plusieurs maires, demande au gouvernement et au Parlement « les évolutions nécessaires afin que la Corse puisse disposer d’un cadre juridique lui permettant de préserver durablement son foncier ». Environ une trentaine de communes sur les 360 de l’île ont délibéré à ce stade, avec des appels à généraliser le vote.

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