Un collectif d’associations a saisi fin septembre 2026 la cour administrative d’appel de Paris de six recours contre le projet Campus IA à Fouju, en Seine-et-Marne. Parmi les requérants figurent les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, Terre de liens et France Nature Environnement (FNE).
Présenté comme le plus vaste centre de données d’Europe, le projet est chiffré à 50 milliards d’euros. Son financement repose sur Nvidia, Mistral AI, Bpifrance et le fonds émirati MGX. Il prévoit, sur 90 hectares dont 70 artificialisés, une puissance électrique de 1,4 GW. La consommation annuelle attendue dépasserait 15 % de celle de l’Île-de-France et 2 % de la consommation nationale. La mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) a jugé ces caractéristiques « hors normes ».
Sont attaquées la modification du plan local d’urbanisme, les autorisations environnementales délivrées par le préfet de Seine-et-Marne, l’autorisation préfectorale de raccordement à RTE et, de façon imminente, le permis de construire.
Lors d’une conférence de presse à Paris, Louis Cofflard, avocat du collectif, a exposé un découpage en trois blocs confié à trois sociétés exploitantes distinctes, au capital d’un euro et avec un dirigeant unique, destiné à contourner les seuils Seveso haut. Il a qualifié ces sociétés de « coquilles vides » et déclaré : « C’est vraiment très choquant ». Jean-François Dupont, de FNE 77, a qualifié ce montage de « construction baroque pour contourner au maximum la réglementation ».
La justice dispose de dix mois pour statuer. Les travaux viennent de débuter.


