Le parquet national financier (PNF) a confirmé, vendredi 9 octobre, qu’il mène depuis juin 2023 une enquête pour soupçons de corruption visant les activités internationales du groupe Thales, notamment en Azerbaïdjan.
Ces soupçons concernent « des opérations de vente de matériel militaire et civil à l’étranger », a indiqué le parquet. Des perquisitions ont eu lieu en juin 2024 dans des locaux du groupe situés dans plusieurs pays.
Interrogé, Thales a décliné tout commentaire sur une procédure en cours.
L’affaire est rattachée à Mehmet Sahan, franco-turc qui a dirigé durant sept ans le bureau de Thales en Azerbaïdjan. Licencié pour faute grave, il est accusé d’avoir soustrait environ 5 millions d’euros sur les frais de fonctionnement. Emprisonné dans ce pays depuis février 2022, il a, en avril 2026, fait l’objet d’une condamnation définitive pour détournement de fonds et faux, sanctionnée par dix ans d’emprisonnement et quatre millions d’euros de dommages et intérêts.
M. Sahan conteste ces accusations. Il estime être victime de rétorsion pour s’être « intéressé d’un peu trop près à de possibles circuits de corruption du groupe d’armement français dans ce pays du Caucase ».
Jeudi, le Quai d’Orsay a fait savoir qu’il suivait « avec attention » sa situation. Son porte-parole s’est abstenu de tout commentaire sur le fond du dossier et n’a pas non plus répondu aux questions sur l’état de santé du détenu, décrit comme très dégradé.


