Au terme de deux journées de discussions à Pékin, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic a fait savoir vendredi que la Chine s’était engagée à « modérer » les flux de véhicules hybrides destinés à l’Union européenne.
D’après les projections d’importations, les envois chinois de véhicules hybrides et hybrides rechargeables vers le marché européen devraient baisser de plusieurs millions d’unités sur quatre ans. « Ce qui, à mon sens, est considérable », a-t-il déclaré face aux journalistes.
Pékin a en outre consenti, au titre de la clause de la nation la plus favorisée, à des droits de douane allégés sur un panier de marchandises d’environ quatre milliards d’euros au total, ce qui représente 225 millions d’euros d’économies douanières. Figurent notamment parmi ces produits l’huile d’olive, des denrées alimentaires et des pièces automobiles.
Cette visite s’inscrivait dans un dialogue lancé face à un déficit commercial proche d’un milliard d’euros par jour depuis 2025. Sans résultats tangibles, l’UE avait menacé d’agir ; la Chine avait averti qu’elle répondrait. Dans leur communiqué conjoint, les deux parties marquent leur intention de poursuivre et d’approfondir ces échanges.
« C’est un premier pas crucial, mais ce n’est qu’un premier pas dans le processus de rééquilibrage » des relations commerciales, a souligné M. Sefcovic. Les conclusions seront soumises la semaine prochaine à Bruxelles aux chefs d’État et de gouvernement européens réunis en sommet. « C’est là que sera prise la décision finale » sur la suite, a-t-il précisé.
Dans un communiqué, l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) a qualifié l’accord d’« une avancée positive », tout en renvoyant à un examen plus détaillé de son contenu.
La déclaration commune indique par ailleurs que la Chine se dit « disposée à continuer à faciliter l’octroi de licences pour l’approvisionnement en terres rares et en aimants permanents vers l’Europe ». Bruxelles et Pékin « sont convenues de l’importance d’améliorer la prévisibilité et la stabilité des chaînes d’approvisionnement industriel mondiales ». Une troisième session de ce dialogue est annoncée pour mars 2027.
Adam Dunnett, secrétaire général de la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine, avait confié à l’AFP que les firmes européennes implantées sur place abordaient ces pourparlers avec une certaine « inquiétude ». Elles se disent « conscientes de l’importance du déséquilibre commercial » et « pleinement favorables à ce qu’il soit corrigé mais souhaitent que cela se fasse de manière proportionnée, ciblée et négociée, afin de préserver la relation globale entre les deux parties ». Avant l’annonce du ministère chinois du Commerce, il prévenait : « Une escalade reste possible ».
D’après une note de Nguyen Hoang Nam, économiste chez Capital Economics, le PIB chinois ne reculerait que de 0,2 à 0,4 % si les droits frappant ses exportations dans des secteurs stratégiques grimpaient encore de 20 points de pourcentage.


