Mouvement lycéen : plus de 6 800 gardes à vue et 21 détentions

Selon le bilan transmis vendredi par la Chancellerie, la contestation lycéenne engagée à la mi-septembre a déjà conduit à vingt et une détentions provisoires. Les gardes à vue dépassent, elles, le seuil de 6 800 ; 86 % des personnes concernées sont mineures.

Vendredi, l’Éducation nationale a fait état de 141 établissements encore fermés sur 3 700 — soit plus de 96 % des lycées en activité, après 157 fermetures la veille. Edouard Geffray a annoncé l’envoi de 3 024 professeurs remplaçants vers les sites les plus tendus. En visite dans un lycée de Cachan, en région parisienne, le ministre a détaillé la mesure présentée la veille au soir sur TF1 : les académies « sont en train d’être contactées » pour ces enseignants, tandis que des contractuels sont parallèlement recrutés. Sur franceinfo, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a précisé qu’il s’agirait « essentiellement des TZR », titulaires sur zone de remplacement, et a écarté tout « bricolage ».

La journée nationale de jeudi a réuni plusieurs dizaines de milliers de manifestants. Dans la foulée, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a fixé une nouvelle échéance d’action pour mardi prochain. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a estimé vendredi matin sur franceinfo que la « première réponse » de l’exécutif restait « largement en deçà de ce qui est attendu ». Qualifiant d’« inédit » le nombre d’interpellations de jeunes et la vingtaine d’enquêtes diligentées par la police des polices, elle a jugé que le ministre de l’Intérieur comme le Premier ministre devaient s’en trouver « interroger ».

La Commission nationale consultative des droits de l’homme avait déjà fait part de ses craintes quant à un « recours disproportionné à la force » ; le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a de son côté indiqué suivre avec « inquiétude » les incidents survenus lors des rassemblements.

Jeudi, au ministère, les délégués lycéens ont quitté les discussions sur un constat de déception. Louis Letoublon (Lycéens !) a déclaré à la presse que les annonces sur « la démocratie scolaire sont satisfaisantes » mais que « sur le reste, elles ne le sont absolument pas », en appelant à « intensifier le mouvement ». Vendredi matin sur BFMTV, il a aussi mis en cause des interventions policières visant des lycéens. Marius Mesnil (Union syndicale lycéenne) a regretté que l’on se limite à « quelques miettes » sur Parcoursup, a invité à manifester mardi et a réclamé la disparition de la plateforme. Nathanaël Combary (Renouveau lycéen) a pour sa part relevé sur BFMTV « quelques avancées », parmi lesquelles le retrait du lycée d’origine des dossiers Parcoursup, mesure encore à l’étude au ministère.

Un nouveau rendez-vous avec les organisations est prévu lundi, centré notamment sur la transparence de Parcoursup et les places disponibles dans le supérieur. Edouard Geffray et le Premier ministre Sébastien Lecornu ont promis que les contributions déposées sur la plateforme de concertation ouverte cette semaine nourriraient le débat, y compris par des amendements au projet de budget. Le basketteur Victor Wembanyama s’est dit « content que les lycéens et les jeunes en général se fassent entendre », apportant ainsi son soutien au mouvement.

0 Commentaires


Le Journal des Francais