Le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Industrie, Stéphane Séjourné, a fait savoir vendredi que 46 projets additionnels d’extraction, de raffinage ou de recyclage portant sur les « terres rares » et d’autres métaux stratégiques recevront le soutien de l’Union européenne.
« La survie de nos industries doit dépendre de nos propres choix, de nos propres capacités et de notre propre puissance industrielle », a-t-il déclaré à la presse.
Il a évoqué le précédent chinois : un an plus tôt, presque jour pour jour, des limitations à l’exportation décidées par Pékin « avaient le potentiel de mettre à l’arrêt des chaînes de production entières » en Europe, en particulier dans l’automobile et les éoliennes.
Répartis dans 16 pays — la France en accueillant six — ces nouveaux projets comprennent dix-neuf initiatives de recyclage, onze de raffinage et huit d’extraction minière, certains combinant plusieurs de ces activités. Ils viennent compléter les 47 projets retenus au sein de l’UE et les 13 implantés hors de ses frontières, déjà sélectionnés l’année précédente.
Selon M. Séjourné, 2 milliards d’euros de financements publics européens ont d’ores et déjà été engagés pour ces initiatives. Du côté des premiers projets retenus, une procédure accélérée a permis à 17 d’entre eux d’obtenir un permis de construire, tandis que 25 ont mené à bien leurs études d’impact environnemental.
Parmi les ressources visées figurent le magnésium, le manganèse, le cobalt, le nickel, le lithium ainsi que les terres rares utilisées pour produire des aimants permanents. L’automobile, la défense, le numérique et les énergies renouvelables en dépendent. Pékin, qui détient un quasi-monopole sur le raffinage de ces matières, avait l’an passé accentué les inquiétudes européennes quant à la sécurité des approvisionnements, avant de lever ses restrictions dans le cadre d’un accord conclu avec Washington.
« Il y a des mines qui ouvrent, des usines qui se construisent, des financements signés et des chaînes de valeur qui émergent », a assuré M. Séjourné. Il prévoit de lancer un nouvel appel à projets avant la fin de l’année. Pour faire émerger la filière, l’UE s’emploie aussi à mettre en contact fournisseurs et clients industriels.


