Hansen se dit « préoccupé » par le budget de la future PAC

Mercredi 7 octobre, à Paris, Christophe Hansen, commissaire européen à l’agriculture, a exprimé sa « préoccupation » quant aux moyens destinés à la politique agricole commune (PAC) pour la période 2028-2034.

Reçu par les députés, il a estimé que tout se jouerait lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement fixé les 14 et 15 octobre à Bruxelles. « Le 14 et le 15 octobre, le Conseil européen à Bruxelles, où les chefs d’État et de gouvernement vont parler de la future PAC (…), mais aussi du budget en général. Et c’est là que le jeu sera fait », a-t-il déclaré.

Il a mis en avant la divergence entre ministres de l’Agriculture et capitales : « Les ministres de l’Agriculture veulent un budget fort, pérenne et supérieur à ce qui est sur la table. Mais ce n’est pas forcément ce que les États membres souhaitent. Et donc effectivement, je suis préoccupé. »

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, avait la veille dénoncé les « coupes massives » voulues pour le futur budget de l’Union par six pays : Suède, Pays-Bas, Finlande, Danemark, Autriche et Allemagne.

« Nous ne pouvons garantir une agriculture européenne productive, résiliente, compétitive et durable sans une PAC forte et commune », a plaidé M. Hansen devant les parlementaires.

Premier bénéficiaire de la PAC, la France réclame à la fois des moyens élevés et le maintien de politiques gérées en commun, plutôt que des outils purement nationaux.

Le Luxembourgeois a insisté sur l’importance du secteur dans une Union qui figure au premier rang mondial des exportateurs agricoles : près de 900 milliards d’euros de valeur ajoutée chaque année, 30 millions d’emplois et 9 millions d’exploitations, « plus du double de l’industrie automobile ».

« Pour rester forts, les agriculteurs ont besoin de stabilité, et l’aide au revenu reste indispensable parce qu’on leur demande aussi plus que peut-être dans d’autres parts du monde », a-t-il poursuivi. Il a ajouté : « Si on n’a plus cette souveraineté alimentaire, je pense qu’on paiera bien plus cher, pas seulement d’un point de vue financier, mais aussi de la qualité des aliments qu’on veut offrir à nos citoyens. Et je pense que c’est une énorme responsabilité. »

La Commission a retenu, pour la PAC à venir, un plancher « sanctuarisé » d’aides au revenu agricole d’environ 300 milliards d’euros, après 387 milliards pour 2021-2027. En janvier, confrontée à la colère du monde agricole, Mme von der Leyen avait promis quelque 100 milliards d’euros supplémentaires.



Le Journal des Francais