Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué mardi qu’une « banalisation complète des emplois du temps » aurait lieu « dès demain matin, dès jeudi, dès vendredi », afin d’ouvrir « un temps de démocratie interne au sein du lycée ».
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a pour sa part précisé qu’il s’agira d’une « demi-journée banalisée dans tous les établissements de France ». La mesure prendra effet dès mercredi dans les lycées qui peuvent rouvrir. Pour les plus perturbés, il préconise une reprise « progressive », « en commençant par les classes de terminale ».
Par un courrier transmis mardi aux recteurs, M. Geffray plaide pour « une reprise des enseignements dans les meilleures conditions, tout en offrant aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations ». Il dessine un déroulement en « deux temps » : d’abord un moment réservé aux équipes de direction et aux personnels, pour se réunir et préparer ensemble la suite ; ensuite un temps d’échange avec les élèves. L’organisation de cette première demi-journée pourra être ajustée selon les configurations et contraintes de chaque établissement, notamment le transport scolaire ou l’internat.
« C’est une cacophonie complète. On ne le mettra pas en œuvre ni demain, ni après-demain », a déclaré à l’AFP Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa. Elle a observé que les établissements sont « plus ou moins chahutés » et que « les temps démocratiques on sait les organiser, mais pas tout en même temps ».
Auprès de l’AFP, Agnès Andersen, secrétaire générale d’ID-FO, a réagi en ces termes : « C’est assez hors sol de nous demander de banaliser une journée. » Elle a poursuivi : « Nos collègues sont épuisés, ont été exposés, ont subi de graves violences ces derniers jours. Quand est-ce que les collègues vont préparer cela ? » Puis : « On va demander aux élèves d’écrire ? Tout ça n’est pas à la hauteur de la crise que nous traversons et irrespectueux de notre profession », estimant que « le gouvernement est en train de pousser tout le monde à bout ». Elle a rappelé que l’équipe de direction se retrouve seule face à un effectif élevé d’élèves et qu’une telle organisation « demande à être préparée ».
Né mi-septembre en région parisienne, le mouvement lycéen a gagné l’ensemble du territoire. Le ministère souhaite « réaffirmer auprès des élèves l’importance de la représentation démocratique », tout en les encourageant à formuler leurs propositions au sein des instances de dialogue lycéennes et à prendre part à la consultation nationale accessible en ligne jusqu’au 23 octobre.


