Devant l’Assemblée nationale, mardi 6 octobre, Sébastien Lecornu a condamné les violences survenues en marge des manifestations de lycéens. Le Premier ministre a affirmé que « l’ultraviolence doit être condamnée sans condition » et que « dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence ».
Interpellé par Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons, il a rappelé que « dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des citoyens, y compris des mineurs, existe », ajoutant que « brûler un lycée n’améliore pas la situation des bâtiments des lycées » et que « lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs ». Il a jugé qu’« il n’y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière » les fonctionnaires, et estimé « pas acceptable » la « banalisation de cette violence contre les personnels de l’Éducation nationale ».
Il a qualifié de « mensonge » les accusations d’« instructions politiques de répression policière », évoquant des « accidents ». « Violences policières suggérerait qu’il y ait des instructions politiques de répression policière. C’est faux, c’est un mensonge et c’est jeter l’opprobre sur la police de la République », a-t-il déclaré.
Vivement pris à partie par Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise, le chef du gouvernement a reproché aux députés LFI d’être « ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l’élection présidentielle ». Il a poursuivi : « Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen est un scandale » et « nous ne vous laisserons pas faire ».
Cinq chantiers ont été ouverts pour répondre aux revendications lycéennes. Le Premier ministre a ensuite décidé de suspendre les enseignements de mercredi à vendredi, afin que les chefs d’établissement organisent un « temps de démocratie interne » avec les élèves.
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé en région, puis à Paris dans l’après-midi de mardi. Parents, professeurs, étudiants et syndicalistes se sont joints au mouvement pour réclamer davantage de moyens en faveur de l’éducation.


