Patrice Faure, préfet de police de Paris, a fait savoir mardi sur X qu’il proscrivait le rassemblement convoqué mercredi par le collectif Urgence Palestine « contre le génocide à Gaza et pour le respect du cessez-le-feu ». L’arrêté a été pris « à la demande du ministre de l’Intérieur », Laurent Nuñez.
« Dans un contexte de menace terroriste élevée et alors que les actes antisémites restent à un niveau historiquement haut dans notre pays, une telle manifestation, ce jour-là, fait peser des risques importants de troubles à l’ordre public », a écrit le préfet. « Face à cela et au regard de l’ensemble des risques identifiés, ma responsabilité est de garantir la sécurité de tous », a-t-il ajouté.
Le cortège devait s’ébranler à 18 h 30 : départ fixé à 19 h devant la station de métro Château-Rouge, direction place Jules-Joffrin (18e arrondissement), arrivée escomptée à 21 h.
D’après l’arrêté, plusieurs commémorations devaient se tenir mercredi à Paris sous l’égide d’associations de la communauté juive. Le texte estime que la manifestation, « ayant pour mot d’ordre “la dénonciation du génocide à Gaza” », est de nature, « dans le contexte particulier lié à la charge symbolique autour de cette date du 7 octobre, à être perçue comme une provocation par la communauté juive et à la heurter ». Il précise en outre que les actes antisémites forment 53 % de l’ensemble des faits antireligieux recensés sur le territoire national.
Lors d’un rassemblement analogue, le 7 octobre 2025, à l’appel du même collectif, des participants avaient scandé « Israël assassin, Macron complice », « Israël assassin, Carrefour complice » et « Fascistes, sionistes, c’est vous les terroristes », slogans qui, selon l’arrêté, avaient provoqué « un choc au sein de la communauté juive notamment ». D’où, juge le préfet, « un risque sérieux que des propos similaires, constitutifs d’un trouble à l’ordre public immatériel, soient à nouveau tenus ».
Urgence Palestine a indiqué à l’AFP qu’un recours serait déposé devant le tribunal administratif.
Le 7 octobre 2023, les attaques du Hamas en Israël ont tué 1 221 personnes côté israélien, pour la plupart des civils. Du côté de Gaza, le bilan de l’offensive israélienne dépasse les 74 200 morts d’après le ministère de la Santé du territoire palestinien — structure placée sous l’autorité du Hamas, dont les données sont tenues pour fiables par l’ONU.


