Canicules de l’été : une mission évalue le coût à 16 milliards d’euros

Composition du chiffrage

Selon l’Insee et le Trésor, l’impact sur la croissance avoisine 0,1 point de PIB, l’équivalent de près de 3 milliards d’euros. Les dépenses publiques non prévues s’élèvent pour leur part à 2,5 milliards d’euros au minimum : environ 700 millions côté santé, 1,3 milliard d’aides destinées aux agriculteurs et 300 millions au moins au titre des incendies.

Faute de séries complètes, la mission a reconstitué le volet sanitaire par extrapolation. Elle s’appuie sur la canicule de 2003 pour avancer un surcoût d’environ 200 millions d’euros pour l’Assurance maladie ; les hôpitaux pèseraient pour 100 millions, tandis que la fourchette retenue pour les Ehpad et le reste du médico-social va de 260 à 520 millions.

Côté ménages, France Assureurs estime au moins 500 millions d’euros de sinistres couverts liés aux feux. La hausse des factures d’électricité, due aux ventilateurs et climatiseurs, peut atteindre 800 millions.

Le poste dominant reste agricole. Les syndicats du secteur évaluent l’ensemble des pertes à quelque 10 milliards d’euros ; après déduction des aides de l’État, la mission retient 8,7 milliards.

Adaptation et discussions budgétaires

Ouverte fin août, la mission flash a procédé à des auditions auprès des ministères, d’opérateurs publics, d’économistes, de pompiers, d’agriculteurs et d’assureurs. Elle a présenté ses conclusions devant la commission des Finances.

Autre objectif retenu : chiffrer l’adaptation aux prochaines vagues de chaleur. La mission reprend une estimation selon laquelle la mise à niveau des quelque 50 000 établissements scolaires représenterait environ 50 milliards d’euros d’ici 2050.

Éric Coquerel juge nécessaire d’engager dès 2027 « de 10 à 13,6 milliards d’euros », pour l’essentiel sur le budget de l’État. La commission des Finances ouvre mercredi les discussions budgétaires.

« Je ferai des amendements » au projet de loi de finances « qui permettront de décliner ces préconisations », a promis le député lors d’une conférence de presse.

Afin d’améliorer les bilans futurs, la mission suggère de confier à l’Insee un suivi annuel doté de six postes dédiés, pour un coût d’environ 4 millions d’euros sur la période 2027-2030.

Les canicules, la sécheresse et les incendies de cet été ont représenté un coût d’environ 16 milliards d’euros pour la France, d’après la mission parlementaire que le député LFI Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a présentée lundi 5 octobre. Qualifiée d’« estimation provisoire », elle combine sources officielles et auditions de professionnels.

Le montant dépasse la fourchette que la ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiquée à la mi-août, en évoquant « de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects ». Le député concède des « réserves méthodologiques » : des coûts de natures distinctes sont additionnés, ce qui expose au double compte.

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