Macron et Merz veulent un nouvel arsenal commercial pour l’UE

Dans un courrier adressé à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, Emmanuel Macron et Friedrich Merz, président français et chancelier allemand, demandent que l’UE se dote d’un dispositif juridique inédit, capable d’une riposte nettement plus vive face à une guerre commerciale. L’outil souhaité permettrait, « si nécessaire », d’écarter sans délai du marché intérieur les biens et services provenant d’un État qui engagerait une telle offensive contre l’Union.

Le texte ne cite pas nommément la Chine. Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce, doit toutefois se rendre dans la capitale chinoise jeudi et vendredi, dans l’espoir de rétablir un meilleur équilibre des échanges bilatéraux.

Paris et Berlin imaginent ce mécanisme pour des situations de conflit commercial ouvert — interruption des livraisons de matières premières par un pays tiers, par exemple. Une source du gouvernement allemand précise que l’UE doit pouvoir « provoquer un préjudice comparable à celui qui nous est infligé ». Aux yeux des deux capitales, les leviers dont dispose aujourd’hui l’Europe restent trop lents et trop modestes face à ceux de Pékin ou de Washington.

Les deux dirigeants prévoient d’exposer leurs idées au sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, prévu à Bruxelles à la mi‑octobre. Le dispositif s’appliquerait de façon uniforme à l’ensemble des partenaires, dans le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Depuis l’an dernier, le déficit commercial européen vis‑à‑vis de la Chine tourne autour d’un milliard d’euros quotidiens. Les Européens y voient surtout l’effet de pratiques jugées déloyales de la part de Pékin, qui menaceraient selon eux des pans entiers de l’industrie, de l’automobile à la chimie. Ursula von der Leyen avait estimé en septembre que ce déséquilibre « a atteint un point de bascule », imputant à un « choc chinois » le fait de nourrir « la désindustrialisation » du continent.

Des diplomates européens indiquent que les Vingt‑Sept pourraient prendre modèle sur la Section 301 américaine, qui autorise des surtaxes rapides et ciblées sur les produits de pays soupçonnés de concurrence déloyale.

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