À Belfort, aux abords du lycée Courbet, un commandant de police a subi une agression violente ce vendredi 2 octobre. Le procureur de la République Paul-Édouard Lallois a ouvert une enquête pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion ».
Chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort, l’officier se trouvait en civil. Vers 9 h 15, au moment où il venait d’interpeller un jeune homme, un groupe de jeunes s’est jeté sur lui, l’a fait chuter puis l’a frappé à coups de poing et de pied, y compris à la tête. La personne interpellée a profité de la confusion pour s’enfuir. Des renforts sont arrivés sans délai, ont dispersé le groupe et secouru le commandant.
Après une brève perte de connaissance, la victime a été hospitalisée. Elle « est particulièrement choquée, marquée par la sauvagerie de l’acte d’agression dont elle a été victime, et présente les stigmates de coups très visibles sur son visage », a indiqué le procureur lors d’une conférence de presse. Sur le réseau social X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que le policier, « volontairement ciblé », avait été hospitalisé après avoir perdu connaissance, et que son état n’inspirait « plus d’inquiétude majeure à cette heure ».
Les forces de l’ordre ont placé en garde à vue un élève de 17 ans du lycée Courbet, jusqu’alors inconnu de la police. Selon M. Lallois, il n’est « pas formellement identifié comme ayant porté des coups » ; les investigations se poursuivent pour établir s’il a pris part aux faits. À l’examen de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, le procureur a relevé que l’on pouvait « bien distinguer plusieurs individus porter des coups directement au niveau de la tête du commandant de police avec des propos qui laissent peu de doute sur la volonté d’agresser, de faire mal ».
« Tout sera mis en œuvre pour identifier les auteurs de cet acte abject », a déclaré Laurent Nuñez. Il a exprimé son « total soutien aux policiers et gendarmes qui interviennent dans des conditions difficiles » et ajouté que, « quand ils engagent la force, conformément à mes instructions, ils ne font pas face à des manifestants mais à des émeutiers ».
Selon le procureur, ces faits s’inscrivent dans un contexte de « durcissement » du mouvement lycéen, marqué par « des actes de plus en plus violents » et par l’« usage de cocktails Molotov, et de cocktails à base d’acide visant directement les forces de l’ordre ». Il a aussi souligné le « très jeune âge » des personnes interpellées, qui « ne mesurent pas bien manifestement la gravité des actes qui leur sont reprochés ».


