Ce vendredi 2 octobre, Cédric Jubillar se prête à la reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel, son épouse. L’exercice démarre à 9 h 30 au domicile du couple, à Cagnac‑les‑Mines (Tarn), lieu des faits survenus dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Y sont réunis les avocats des deux camps, des magistrats, le juge d’instruction et des gendarmes, et le groupe se déplacera ensuite vers un champ de Mailhoc.
Peintre‑plaquiste âgé de 39 ans, placé en détention provisoire depuis juin 2021, il a reconnu le 15 juillet avoir étranglé l’infirmière de 33 ans au cours d’une dispute, pendant le sommeil de leurs deux enfants. Il a aussi désigné l’endroit où le corps avait été inhumé, en bordure d’un champ situé à une dizaine de kilomètres. Des ossements y ont été retirés le 16 juillet ; les analyses ADN ont établi qu’il s’agissait des restes de Delphine Aussaguel, qui exerçait dans une clinique d’Albi.
Chantal Ferreira, première présidente de la cour d’appel de Toulouse, indique qu’il s’agit plutôt d’« une mise en situation ». Elle a ajouté que ce qui s’est passé cette nuit‑là « va être remis en scène ». L’accusé doit, sur place, expliciter et montrer comment il a tué son épouse. Dans le jardin en contrebas de la maison restée inachevée, broussailles et herbes hautes ont été fauchées il y a peu pour rendre l’accès plus aisé.
L’enjeu central reste de savoir si l’acte a été spontané ou préparé, information utile aux magistrats comme aux jurés du procès en appel, fixé à Toulouse du 30 avril au 14 mai. Déjà condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance, Cédric Jubillar risque la perpétuité. Du côté de la partie civile, des avocats se demandent s’il existe des indices de préméditation : auprès de proches, l’intéressé aurait, en présentant cela comme une plaisanterie, annoncé qu’il tuerait son épouse, l’enterrerait et qu’on ne la retrouverait pas.
Philippe Pressecq, conseil d’une cousine de la victime, déplore qu’on reconstitue les faits de jour. « Ce qui s’est passé à l’extérieur, il faut que ce soit fait la nuit, c’est une évidence », a‑t‑il estimé. L’accusé a confié à la juge d’instruction avoir repéré le site d’enfouissement « dans le cadre d’un chantier ». Mercredi et jeudi, les gendarmes ont de nouveau fouillé un champ de Mailhoc, sans élément inédit.


