La SNCF a perdu 80 millions d’euros cet été à cause des canicules

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 1er octobre, le PDG Jean Castex a fait état d’un coût de 80 millions d’euros pour la SNCF en juillet et août, imputable aux retards et annulations provoqués par les canicules et les incendies.

« Nous avons eu 80 millions d’euros de perte de chiffre d’affaires cet été », liée aux annulations et aux indemnisations des voyageurs retardés, a-t-il indiqué. « Depuis le début de l’année, on en est à 180 millions d’euros de manque à gagner, sans compter les coûts de réparation sur le réseau », a-t-il ajouté. Ces montants pèseront sur les résultats du second semestre. À elles seules, les interruptions de trafic au sud de Bordeaux liées aux incendies de Gironde ont pesé pour 6 millions d’euros.

Le PDG de SNCF Voyageurs, Jean-Aimé Mougenot, a précisé que les aléas climatiques avaient généré « deux fois plus de minutes de trains en retard », que « l’irrégularité des trains était deux fois plus élevée qu’à l’été 2025 » et qu’il y avait eu « deux fois plus de trains supprimés ».

Cet été, sur les 23 millions d’usagers du TGV, 164 000 ont essuyé un retard de plus de trois heures. Chez les Intercités, la même mésaventure a touché 16 500 personnes sur 2 millions de voyageurs. Ces parts (0,7 % en TGV, 0,8 % en Intercités) ont doublé par rapport à 2025.

Ce sont les trois relations Intercités encore assurées en rames Corail des années 1970-1980 qui ont le plus souffert — Marseille-Bordeaux, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont — cumulant 630 annulations en juillet-août, contre 217 l’été précédent.

Adaptation du matériel

Climatisations revues, toits des Corail peints en blanc, filtres anti-UV installés sur les vitres : plusieurs chantiers ont été menés. Le remplacement des climatisations n’est pas à l’ordre du jour, les trains devant eux-mêmes être changés, a souligné Alain Krakovitch, directeur industriel de SNCF Voyageurs.

Pour adapter le matériel roulant, l’entreprise engage 300 millions d’euros sur 2026-2030 dans quatre actions climatiques, dont le relèvement du seuil déclenchant la mise en sécurité des climatisations.

Jean Castex a confirmé l’entrée en service du TGV M à l’automne, avant le 15 décembre, en premier lieu sur Paris-Marseille. Ce TGV, d’Alstom, embarque des batteries capables, en cas de rupture de caténaires sous l’effet de la chaleur, de conserver l’alimentation et la climatisation, voire de gagner la gare suivante. Les premiers Oxygène, appelés à succéder aux Corail, sont prévus pour l’été 2027. « Ils ne seront pas tous prêts l’été prochain », a prévenu M. Krakovitch.

Résilience du réseau

Afin d’accélérer la résilience du réseau, un « plan arbre » recevra 30 millions d’euros de plus. « Il y a de plus en plus de coups de vent violents, et on va abattre un peu plus d’arbres », a indiqué Olivier Bancel, responsable de SNCF Réseau. Une autre enveloppe de 30 millions d’euros ira au débroussaillage, pour freiner la progression d’un feu de part et d’autre des voies.

Environ 40 millions d’euros serviront à conforter les talus : « Pour la première fois cette année, nous avons constaté des rétrécissements argileux dans certaines zones », a précisé M. Bancel. Ponts et tunnels vulnérables mobilisent 60 millions d’euros de réparations ; guérites de signalisation : 10 millions pour réparation ou peinture en blanc.



Le Journal des Francais