La Commission européenne a convoqué pour vendredi matin une réunion avec les États membres afin de coordonner leur réponse à la flambée des prix de l’énergie. Une porte-parole de l’exécutif européen l’a annoncé jeudi soir.
Les États-Unis auraient demandé que des pays européens, notamment la France et l’Allemagne, mettent sur le marché du gazole prélevé sur leurs réserves stratégiques. À défaut, Washington menacerait d’interdire l’exportation de gazole américain vers l’Europe. Bruxelles n’a pas précisé si la réunion de vendredi répondait spécifiquement à cette pression.
Jeudi, en marge du G20 aux États-Unis, le commissaire européen au commerce Maros Sefcovic a souligné le « contact étroit » entretenu avec l’administration américaine. « Toute mesure visant à interdire les exportations de gazole serait inattendue pour les Européens et aurait des conséquences très lourdes sur les performances de notre économie », a-t-il insisté.
Le commissaire à l’Énergie Dan Jorgensen s’est entretenu le même jour avec les autorités françaises, allemandes, italiennes, irlandaises et britanniques au sujet des prix du gazole.
« Le marché du diesel est actuellement très tendu, ce qui se traduit par des prix élevés pour les consommateurs du monde entier », souligne la Commission. La porte-parole Anna-Kaisa Itkonen a indiqué que Bruxelles « travaille en étroite coordination avec les États membres de l’UE » afin « d’étudier les mesures appropriées pour remédier à ces prix élevés ». Ces discussions associeront aussi l’Agence internationale de l’énergie, qui avait coordonné en mars une action collective de libération de stocks stratégiques de pétrole.
Le 18 septembre, le président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de réunir un G7 sur l’énergie d’ici la mi-octobre, afin notamment de « reconsidérer les options de libération potentielle de stocks stratégiques ».
Sur la semaine écoulée, le gazole a atteint une moyenne de 2,24 euros le litre dans l’Union européenne, nouveau record historique, un centime de plus que la semaine précédente, d’après les données nationales publiées jeudi par la Commission. Douze des vingt-sept États membres ont battu leur record de prix moyen, parmi lesquels la Pologne, la Roumanie, l’Italie et la Belgique. Le litre franchissait 2,50 euros au Danemark, aux Pays-Bas et en Finlande ; l’Allemagne affichait 2,44 euros. La moyenne belge s’est hissée à 2,43 euros lundi. En Italie, le prix a progressé de sept centimes, à 2,35 euros. Hors Corse et outre-mer, les stations françaises présentaient une moyenne de 2,37 euros le litre, en très léger recul d’une semaine sur l’autre.
Ces montants à la pompe englobent les taxes — variables d’un pays à l’autre et représentant en moyenne 40 % de la facture. Ils ne tiennent pas compte des aides ciblées, comme celle réservée aux grands rouleurs en France. La moyenne des Vingt-Sept est pondérée par la consommation de carburants de chaque État membre en 2024.
En février, cette moyenne s’établissait à 1,59 euro le litre, avant que des frappes américano-israéliennes sur l’Iran ne déclenchent une guerre au Moyen-Orient. Depuis fin février, la hausse a été alimentée par le blocage du détroit d’Ormuz — où transitait habituellement environ 20 % des hydrocarbures mondiaux — puis par le blocus des exportations saoudiennes en mer Rouge mené par les Houthis, ainsi que par des frappes ukrainiennes contre des raffineries russes.


