Macron reçoit Milei à l’Élysée sur minerais critiques et Mercosur

Le président argentin Javier Milei est reçu jeudi 1er octobre à 18h30 par Emmanuel Macron à l’Élysée. Après un entretien bilatéral, un échange est prévu avec des entreprises françaises déjà implantées en Argentine ou susceptibles de s’y installer.

Dans le cadre de l’Argentina Week, destinée à séduire des investisseurs européens, Javier Milei séjourne en France jusqu’à samedi. Sa délégation comprend des dirigeants d’entreprises, une dizaine de gouverneurs de provinces — dont des territoires miniers — et une demi-douzaine de ministres. Aux Invalides, des honneurs militaires lui seront rendus. Selon la présidence française, il s’agit d’une « visite officielle » liée à l’Argentina Week, et non d’une visite d’État.

Le chef de l’État français souhaite « maximiser les intérêts de la France auprès d’un pays important en Amérique latine », précise un conseiller de l’Élysée, notamment s’agissant des « minerais critiques, lithium et cuivre » et des « relations économiques et commerciales ». Avec le groupe Eramet, la France, septième investisseur en Argentine, est déjà active dans le secteur minier. L’Élysée juge qu’« il y a urgence » pour l’Europe à se mobiliser davantage, face à la concurrence de la Chine et des États-Unis pour l’accès à ces ressources.

Figurera également au menu l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, qui avait suscité une vive opposition chez les agriculteurs français. « Nous sommes confiants que le bilan, in fine, respectera nos intérêts », assure la présidence française, qui ajoute que dans ce type d’accords « les entreprises européennes se trouvent ensuite en meilleure situation d’exporter mais il faudra naturellement le vérifier ».

Un échange ferme est aussi promis par l’Élysée sur les Malouines, l’ONU et l’Union européenne. Javier Milei a estimé, la veille de sa visite, que l’Europe est « en train de couler » entre « État-providence pervers » et « problème migratoire terrible ». « Le président Macron aura à cœur de lui dire que, quoi qu’il en pense et en dise publiquement, l’Union européenne est une institution importante dont nous souhaitons qu’elle joue tout son rôle sur la scène internationale », souligne le conseiller élyséen.

Alors qu’Emmanuel Macron avait conclu son discours à la même tribune par « Vive les Nations unies », le président argentin a pour sa part taxé l’ONU d’« inutile » et l’a accusée d’être au service d’une « caste de parasites ». Candidat à la succession d’Antonio Guterres au secrétariat général de l’ONU, Rafael Grossi, Argentin qui dirige l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), bénéficie du soutien de Buenos Aires. « Le président argentin fait activement la promotion de la candidature d’un diplomate argentin de grand talent pour ce poste. Il y a quand même des zones de convergence sur lesquelles nous pouvons atterrir », observe le conseiller.

Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté des Malouines, archipel de l’Atlantique sud. L’Élysée y appelle au « calme et à la sérénité » et au « respect par l’Argentine » des procédures internationales pour le règlement des différends territoriaux. Javier Milei a, début septembre, fait état de « vents favorables » à la revendication argentine et annoncé des sanctions visant tout projet pétrolier britannique autour de l’archipel.

Contre la politique du président argentin, environ 150 personnes ont manifesté mercredi soir place du Trocadéro à Paris, en scandant « Milei dehors ! » et « Persona non grata en France et en Europe ». Après le recensement de 1 674 publications hostiles à la presse sur 47 jours, Reporters sans frontières a dénoncé « une mécanique de discrédit et de dénigrement systématiques » du chef de l’État argentin à l’encontre des journalistes.

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