Selon l’Union étudiante, une trentaine de campus universitaires restent immobilisés ce jeudi 1er octobre, un mouvement qu’elle qualifie d’« historique ». Nanterre, Poitiers, Reims, Lyon 2, Marseille, Strasbourg et Paris comptent parmi les sites touchés. L’entrée dans les facultés est interdite, précise le syndicat, même si les enseignements peuvent se poursuivre à distance.
Nés il y a une semaine autour d’exigences de remplacement des enseignants manquants et de moyens supplémentaires, les blocages lycéens ont touché 356 établissements mercredi, après 338 la veille, d’après le ministère de l’Intérieur. Jeudi dès le petit matin, des opérations étaient signalées à Rennes — où un rassemblement se constituait devant une entrée du lycée Bréquigny —, ainsi qu’à Strasbourg, Marseille et Paris. Vers 8 h 30, la préfecture du Rhône recensait vingt-sept sites concernés par des actions, cinq collèges inclus.
À Strasbourg, devant le lycée Couffignal, plusieurs centaines de lycéens ont interrompu le trafic automobile et celui du tram. D’imposantes bennes à ordures ont été placées sur la chaussée puis enflammées.
Un jeune homme blessé à la tête mercredi à Tours a dû être hospitalisé ; la procureure de la République locale a indiqué que ses lésions étaient « compatibles » avec un tir de LBD. Trois enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de blessures subies par des lycéens pendant des opérations de blocage d’établissements.
Mercredi uniquement, les forces de l’ordre ont procédé à 625 interpellations, tandis que 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Depuis le début des blocus, le bilan s’élève à 119 élèves et membres du personnel blessés.
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a fait savoir qu’une « plateforme de concertation » allait être mise en place, à laquelle « tous les lycéens pourront contribuer ». Cet outil leur permettra de faire part de leurs revendications et de leurs inquiétudes. Une « restitution nationale » est prévue afin d’« apporter des réponses structurées ». Les conseils de la vie lycéenne des établissements devraient être réunis dans les prochains jours.
« Nous avons dépassé une ligne rouge. On éborgne la jeunesse comme ils ont fait avec les gilets jaunes », a fustigé auprès de l’AFP le président de l’Union syndicale lycéenne (USL).


