Devant plusieurs établissements, la contestation lycéenne a encore marqué la journée du mercredi 30 septembre, en particulier à Lyon, Strasbourg et Saint-Denis. À Paris, lors d’une conférence de presse tenue avec l’Union étudiante, Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL), a plaidé pour un « acte deux ».
« Il y a beaucoup moins de mobilisation aujourd’hui mais on appelle à un acte deux demain », a-t-il lancé. Éloise Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l’Union étudiante, et lui appellent « toutes les organisations syndicales, associatives et politiques » à se joindre au mouvement jeudi comme mardi. Dans leur esprit, le 6 octobre doit devenir une journée « décisive », marquée par des assemblées générales, des blocages d’universités et des manifestations, afin d’exiger un « financement massif des lycées et des universités ».
Au menu des revendications figurent des conditions d’apprentissage « décentes », davantage de moyens et le remplacement des professeurs absents.
La Région Île-de-France a fait état de 75 lycées perturbés mercredi, « dont 36 lycées sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations ». La veille, des blocages ou des mobilisations touchaient environ 10 % des lycées français. En milieu de journée, le ministère de l’Éducation nationale n’avait pas fourni de nouveau bilan à l’échelle nationale.
Invité sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a exprimé son inquiétude face au recours à la violence, tout en reconnaissant le caractère « légitime » de certaines demandes. « Le droit de manifester, c’est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c’est non », a-t-il résumé. Depuis le début du mouvement, 76 élèves et personnels ont été blessés, a-t-il déploré. Mardi, le ministère de l’Intérieur avait annoncé 440 interpellations, pour l’essentiel de mineurs.
« La violence n’est pas légitime. Ce qui est légitime, ce sont les revendications lorsque elles portent sur le fonctionnement de l’institution scolaire ; elles doivent être entendues et écoutées », a estimé M. Geffray, interrogé sur les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a jugé que la violence « peut être légitime ».
Ryad Rani a, pour sa part, fustigé devant les journalistes le « mépris », la « répression du gouvernement » et une « violence inouïe » des forces de l’ordre à l’encontre de lycéens. Il s’est dit « favorable à rencontrer » le ministre, en jugeant que « ce n’est pas nous qui allons ramper pour être reçus » et qu’« il aurait pu nous recevoir tout de suite ».
Dans l’agglomération lyonnaise, quatorze interpellations ont été recensées. « Qu’il y ait un mouvement lycéen, c’est parfaitement normal. Qu’il y ait des casseurs, c’est inacceptable et on ne le laissera pas faire », a déclaré Laurent Wauquiez, chef des députés LR et conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, le blocage n’a pas cessé, les cours demeurant officiellement maintenus. Des feux de poubelles ont été maîtrisés par les pompiers devant le lycée professionnel Geiler de Kaysersberg, à Strasbourg. Devant le lycée privé Don Bosco, à Nice, des vélos électriques en libre-service ont brûlé. Près du lycée Paul-Louis-Courier, à Tours, l’incendie d’une poubelle a déclenché une fuite de gaz enflammée : l’établissement a été évacué et un périmètre de sécurité dressé. Un nouveau blocage a conduit à l’annulation des cours au lycée Guist’hau, à Nantes. Devant le lycée Montebello, à Lille, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants.
Se tenir informé sur la gauche et l'extrême-gauche en France est d'une grande importance : ce sont des forces qui parfois visent à la déstabilisation de la société, en prenant le risque de conflits internes violents. Notre devoir, en tant que journal libre et indépendant, c'est de vous raconter chaque jour les enjeux liés aux actions de la gauche en France.
En choisissant de vous abonner, vous permettez à la presse non-subventionnée d'exister et de vous informer.
5€/mois — petits revenus
7€/mois
RecommandéAccès abonnés :
- ✓Lecture de tous nos contenus réservés aux abonnés
- ✓Possibilité de commenter tous nos articles
- ✓Gestion de votre abonnement en un clic


