Blocages de lycées : Geffray s’inquiète de la violence

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a fait part mercredi 30 septembre sur RTL de son inquiétude face au recours à la violence lors des blocages de lycées. « Moi ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’il y ait des mobilisations ou que des lycéens puissent avoir des revendications », a-t-il déclaré, en rappelant qu’il existe « des cadres pour ça ».

« Le droit de manifester, c’est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c’est non », a-t-il résumé.

Depuis le début de la mobilisation, 76 personnes ont été blessées, élèves ou personnels, a indiqué le ministre. Mardi, un jeune a perdu l’usage d’une partie de la main après avoir tiré un mortier, a-t-il déploré. La veille, le ministre de l’Intérieur avait fait état de 440 interpellations, concernant principalement des mineurs.

Mercredi matin, le blocage se poursuivait au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, où les cours restaient officiellement maintenus et où des élèves ont pu entrer. Plusieurs dizaines de CRS étaient postés devant les entrées. À Strasbourg, les pompiers intervenaient pour éteindre des feux de poubelles devant le lycée professionnel Geiler de Kaysersberg.

Interrogé sur les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a jugé que la violence « peut être légitime », M. Geffray a estimé que « la violence n’est pas légitime » et que les revendications, « lorsqu’elles portent sur le fonctionnement de l’institution scolaire (…) doivent être entendues et écoutées ». Il a aussi indiqué que 7 % des heures de cours n’étaient pas assurées, un chiffre qu’il a jugé « pas acceptable ».

Le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, a déclaré au micro de RTL que la violence « est la conséquence d’une violence institutionnelle et sociale que subissent de nombreux jeunes depuis maintenant neuf ans ». « La violence n’est pas légitime. Ce qui est légitime, ce sont les revendications », a-t-il affirmé. Son organisation se dit prête à rencontrer le ministre pour évoquer la surcharge des emplois du temps, des classes de 32 à 36 élèves et la rénovation des lycées. Il a annoncé une « mobilisation commune » jeudi et mardi prochain avec l’Union étudiante.

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