À Saint-Denis, des lycéens en mobilisation ont, ce mardi 29 septembre, pris à partie une équipe de BFMTV avant de l’éloigner du rassemblement. Sur X, une vidéo les montre visés aux cris d’« On ne veut pas de médias racistes ».
Bally Bagayoko, maire de la commune et membre de La France insoumise, a repris la formule sur le même réseau : « Elle a raison ! ».
BFMTV indique dans un communiqué que ses reporters ont été « molestés et insultés » et se joint à la plainte déposée par ses journalistes. La rédaction regrette qu’un élu « approuve » une telle « brutalité ».
Fabien Namias, directeur général, écrit en interne qu’« un élu a jugé utile d’approuver cette violence », alors qu’« aucune conviction, aucun engagement ne saurait justifier cette brutalité scandaleuse ». Il assure que la chaîne demeurera engagée « pour rapporter les faits, au service de l’information du public », en « veillant à la sécurité de nos journalistes ».
De son côté, la société des journalistes de BFMTV juge qu’« un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias » et « condamne fermement ces agressions ». Même réprobation du côté des syndicats SNJ et CGT du groupe RMC BFM.
Catherine Pégard, ministre de la Culture, a réagi sur X, affirmant avoir appris « avec indignation et colère l’agression de journalistes » de la chaîne. « Je condamne ces actes qui sont des atteintes à la liberté de la presse et au droit à l’information », a-t-elle affirmé, précisant que « rien ne peut justifier de telles violences et de tels actes à l’encontre de journalistes ».
Né la semaine dernière en Île-de-France, le mouvement des lycéens revendique davantage de moyens pour les établissements, des remplacements d’enseignants effectifs et de meilleures conditions d’accueil. Avec le soutien de La France insoumise, il s’est étendu dès le début de semaine à de nombreuses villes.
Entre LFI et BFMTV, le climat reste crispé. À la mi-septembre, après une semaine de boycott des antennes de la chaîne, le parti avait fait savoir qu’il y reprendrait ses passages, à l’exception de « 100% Mabrouk », en dénonçant « une dérive de la ligne éditoriale vers l’extrême droite ». BFMTV met en avant, pour sa part, son « respect du pluralisme ».


