MSA : 200 000 contacts pour prévenir le mal-être agricole

La Mutualité sociale agricole (MSA) vise désormais 200 000 contacts avec ses adhérents, un volume multiplié par dix par rapport à 2025. Son président, Jean‑François Fruttero, a exposé cette feuille de route lors d’un point presse, le mardi 29 septembre, face à une crise qu’il juge « structurelle pour nombre de filières » agricoles.

« Par le passé, on a eu des crises conjoncturelles pour certaines filières », a rappelé M. Fruttero, alors que d’autres demeuraient plus dynamiques. « Aujourd’hui, les difficultés sont structurelles, avec bon nombre de filières touchées de façon importante », un phénomène « accentué par l’été qu’on vient de vivre ».

Sécheresse et vagues de chaleur ont frappé presque toutes les productions. L’élevage a dû puiser dès l’été dans les stocks de fourrage prévus pour l’hiver ; la vigne, le maraîchage et une partie des grandes cultures ont aussi souffert. Cet été, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard situait entre 30 000 et 35 000 les exploitations en grave difficulté, sur les 350 000 que compte la France métropolitaine.

« Nous sommes dans le cœur de la crise et nous n’en sommes pas sortis », a déclaré la directrice générale Anne‑Laure Torrésin. Elle redoute une aggravation du « sentiment de mal‑être » et d’« impuissance » des agriculteurs à la fin de l’automne et au début de l’hiver, « lorsque le gros des travaux sera terminé ».

M. Fruttero a indiqué que la MSA veut « faire face ensemble » et « aller vers » ses adhérents. Les démarches cibleront en priorité les travailleurs des filières les plus fragilisées, ainsi que les nouveaux installés. Le vice‑président François Serpaud a précisé que la « veille territoriale » — 15 000 salariés et 13 000 élus bénévoles — sera mobilisée « pour faire savoir tout ce que la MSA propose ».

Côté soutiens financiers, l’organisme peut aménager les échéanciers ou prendre en charge des cotisations sociales. Depuis 2011, lorsque le suicide des agriculteurs est entré dans le débat public, il a aussi déployé des outils de prévention du mal‑être : réseau des « sentinelles », Agri’écoute, aide au répit. Ces dispositifs concernent l’ensemble des assurés, y compris les familles et les retraités.

Interrogés sur le volume des incidents de paiement constatés depuis l’été, les responsables ont jugé qu’il était encore trop tôt pour avancer des chiffres.

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