Mardi 29 septembre, des opérations de blocage se maintiennent devant des lycées de diverses villes en France. Les revendications portent sur les moyens, le remplacement des enseignants et les conditions d’accueil. Né la semaine précédente en Île-de-France, le mouvement s’est étendu lundi ; il atteint aussi l’enseignement supérieur et reçoit l’appui de La France insoumise.
Afin de relier l’action des élèves à celle des agents de la fonction publique, l’Union syndicale lycéenne (USL) a invité à bloquer des établissements sur tout le territoire. Son président, Ryad Rani, s’est exprimé à l’AFP devant le Montebello, à Lille — établissement qui a annulé ses enseignements pour la journée entière : « On a décidé d’appeler à la mobilisation parce qu’aujourd’hui, dans un établissement sur deux, on a des équipes d’AED où il manque 50 % des effectifs, des établissements où il n’y a pas d’infirmière scolaire, où il n’y a pas d’assistante sociale, des établissements où il n’y a pas de profs de philo et de français pendant les années du bac ».
D’après la préfecture du Nord, douze lycées subissaient des perturbations en milieu de matinée et quatre personnes avaient été interpellées. Côté Île-de-France, la Région a indiqué que 75 établissements étaient touchés ; affrontements, violences ou dégradations ont marqué 20 d’entre eux. Au Paul-Éluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) comme au Gaspard-Monge de Savigny-sur-Orge (Essonne), les grilles n’ont pas résisté. Un feu allumé au bas du portail du lycée saint-denisien a nécessité l’intervention des pompiers. Pour la région parisienne, la Région évalue pour l’heure les dégâts à 200 000 euros.
À Rennes, le lycée Bréquigny a reçu des projectiles lancés par une centaine de lycéens. Dans l’agglomération lyonnaise, la préfecture du Rhône a dénombré dix-neuf établissements concernés et sept interpellations : mortiers d’artifice et jets de projectiles ont visé les forces de l’ordre, lesquelles ont répliqué au gaz lacrymogène. Parmi les trois sites bloqués puis fermés figuraient un lycée, l’université Lyon-II à Bron et l’Institut d’études politiques de Lyon. À Marseille, les organisations lycéennes affichaient cinq établissements bloqués. À Bordeaux, plusieurs centaines de lycéens ont obstrué l’accès au lycée Magendie.
Le mouvement s’est étendu au supérieur, où l’Union étudiante réclame un surcroît de moyens. Mardi matin, hors sites lyonnais déjà cités, demeuraient bloqués le campus du Pont de Bois à Villeneuve-d’Ascq, les universités de Poitiers et de Clermont-Ferrand, ainsi que Toulouse 2 et Toulouse 3. Des tentatives ont aussi été signalées à Nice et à Paris.
Lundi, le gouvernement a parlé de « violences urbaines », en relevant 164 interpellations et 180 établissements touchés. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a blâmé la « surenchère irresponsable » d’élus de La France insoumise qui « appellent à étendre le mouvement ».
Sur RMC, mardi matin, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France, a fustigé une « instrumentalisation politique » en lançant : « LFI, c’est les pompiers pyromanes ». Sur France Inter, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a justifié l’appui de son parti à ces actions. « Je trouve qu’on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne », a-t-il assuré. « Quand on partage les revendications d’une mobilisation, c’est normal qu’on l’appuie, qu’on la soutienne et qu’on appelle à ce qu’elle s’amplifie », a-t-il estimé.
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