MGEN : 1 000 emplois menacés par un projet de transfert à la Cnam

La mutuelle MGEN a fait part, lundi 28 septembre, de son inquiétude face à un projet des pouvoirs publics. Celui-ci consisterait à lui retirer la délégation de gestion du régime obligatoire d’assurance maladie dont bénéficient les enseignants ainsi que d’autres agents de la fonction publique. Les prestations seraient alors prises en charge sans intermédiaire par l’Assurance maladie, au travers de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Le dispositif touche près de 3,3 millions de personnes.

Selon la mutuelle, quelque 1 000 emplois salariés se trouveraient menacés. Les sites concernés se trouvent au Mans, à Rennes, à Lyon et à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

« On ne voit pas le rationnel économique ou d’efficacité de cette décision, on ne voit pas ce qu’elle apporterait aux assurés sociaux ou aux finances de l’État », a déclaré Matthias Savignac, président de la MGEN, lors d’une conférence de presse. Il a ajouté : « Cela veut dire que si demain la Cnam reprend cette activité, les 3,3 millions d’assurés sociaux qu’elle gère aujourd’hui seront dilués dans des caisses primaires qui, globalement, gèrent pour plus cher que nous. »

Pour cette mission, la MGEN touche une rémunération de 100 millions d’euros. Sur cette somme, 10 à 15 millions d’euros sont retranchés au titre de la redevance liée à l’outil informatique de la Cnam, a précisé le directeur général, Christian Cochennec.

Arrivant à échéance le 31 décembre 2027, la convention de délégation n’a fait l’objet d’aucune notification officielle de non-renouvellement, selon la mutuelle. Celle-ci dit n’avoir été informée qu’à l’occasion d’une réunion estivale avec le ministère de l’Éducation nationale. Le sujet figure parmi les discussions relatives au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.

La MGEN a mis en ligne une pétition destinée à interpeller les parlementaires. Lundi, le texte rassemblait 25 184 signatures.

En 2025, le chiffre d’affaires de la MGEN s’est élevé à 3,1 milliards d’euros. L’organisme assure aussi, depuis le 1er mai 2026, la protection sociale complémentaire des agents de l’Éducation nationale. Quant à la délégation portant sur le régime obligatoire, elle remonte aux origines de la Sécurité sociale, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : à l’époque, le personnel enseignant avait pu garder son cadre mutualiste.

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