Emmanuel Macron a exhorté lundi 28 septembre l’Europe à retrouver le « courage de ses fondateurs » et à ne pas céder au « retour des nationalismes », lors d’une allocution prononcée à Metz en présence du pape Léon XIV.
« Ici bat le cœur millénaire de l’Europe, une Europe qui protège, unit et agit. Une Europe souveraine et démocratique, habitée par ce projet de paix et de prospérité », a déclaré le président français depuis la Lorraine, terre frontalière de l’Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg. Marquée par les conflits, la région abrite la tombe de Robert Schuman (1886-1963), l’un des pères de la construction européenne.
« Une Europe qui doit retrouver le courage de ses fondateurs, oui le courage pour devenir la puissance de paix, d’indépendance et de démocratie qu’elle a à être. Le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent », a-t-il affirmé alors que s’achevait le séjour du pontife en France.
Cette ultime prise de parole publique du chef de l’État face à Léon XIV, au fil du voyage, a servi à rappeler que l’Europe avait été « construite sur un socle gréco-romain et judéo‑chrétien », appuyée sur la réconciliation franco‑allemande comme sur « la volonté des peuples sortis des dictatures » après 1945. Elle est aujourd’hui « bousculée par le retour des empires », a-t-il souligné.
« Pour assurer une souveraineté réelle, il nous faut agir. Agir d’abord pour assurer notre sécurité et préserver nos valeurs. Car la paix ne se décrète pas, elle se construit patiemment par des artisans de bonne volonté, lucides et constants », a insisté Emmanuel Macron, qui avait reçu le pape vendredi à l’Élysée. Dans l’après‑midi, le président devait encore assister à une messe célébrée à Metz par le souverain pontife.
Il a poursuivi en jugeant l’Europe « non pas une puissance qui efface les nations, mais une force qui prolonge et augmente leur capacité d’agir et de maîtriser leur destin ».
À ses yeux, l’« héritage européen » a « cristallisé » des acquis allant du « primat de la personne, puis de l’individu libre et rationnel » à « la liberté, l’esprit critique, l’attachement à la science, la démocratie libérale », en passant par le « capitalisme et le libre commerce inséparables de l’État‑providence et de la démocratie sociale ».
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