Sur TF1 et France 2, jeudi 24 septembre, Emmanuel Macron a jugé qu’une nouvelle levée de 300 000 soldats russes pour le conflit avec l’Ukraine « est un scénario qui nous paraît crédible ».
« En effet, le scénario crédible aujourd’hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes », a-t-il déclaré. D’après le chef de l’État, « le signal qu’est en train d’envoyer aujourd’hui la Russie est : on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass ». Il a aussi chiffré à « 1,2 million d’hommes » le bilan humain déjà supporté par Moscou — tués ou blessés — depuis le début de l’invasion.
Il a rappelé qu’en février 2022 la Russie avait présenté une « opération spéciale » censée s’emparer de l’Ukraine en trois semaines. Plus de quatre ans et demi après, a-t-il souligné, cet objectif n’est toujours pas atteint. Kiev a conduit une contre-offensive « remarquable » ; le front demeure « quasiment stabilisé » depuis l’automne 2022. Dès septembre 2022, Moscou avait déjà lancé une « mobilisation partielle » de 300 000 réservistes.
Le président a en outre jugé que le territoire français pouvait faire l’objet d’une tentative d’agression au moyen d’un drone chargé d’explosifs, sur le modèle de l’incident survenu début août contre l’aéroport de Leipzig, que l’Allemagne impute à la Russie. Aucune opération de ce type n’a encore touché la France, « mais quand vous me posez la question, est-ce que ça peut arriver ? ma réponse est oui », a-t-il dit. Il a ajouté que, pour Moscou, « l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine ».
Enfin, il a assuré que la CIA « n’a pas informé les services français » au sujet d’une hypothétique frappe de drones russes contre le sud du pays, en contradiction avec des assertions relayées par des médias étrangers.


