Les dix organisations syndicales de France Travail appellent à la grève et à la manifestation le 29 septembre 2026, dans le cadre de la journée d’action interprofessionnelle de la fonction publique. C’est la première fois depuis 2018 que l’ensemble des syndicats de l’opérateur se joint à un tel mouvement.
Les organisations protestent contre les réorganisations successives depuis la création de France Travail en janvier 2024 et contre les baisses de budget. Elles demandent des hausses de salaires, alors que le gouvernement prévoit de geler à nouveau le point d’indice des fonctionnaires en 2027. Le taux de chômage s’élève à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026.
Dans leur communiqué, les organisations affirment : « Depuis la création de France Travail (…), les personnels subissent une succession de réorganisations (…) qui réduisent nos missions et dégradent chaque jour davantage nos conditions d’exercice », tandis que « les usagers subissent une pression croissante », notamment via le contrôle de la recherche d’emploi.
Olivier Penobert, de la CFDT et membre du CSE central de France Travail, déclare : « Quand France Travail a été créé, (…) toute la transformation a été basée sur la loi Plein emploi qui prévoyait un chômage à 5 %. Aujourd’hui on a un problème de soutenabilité de la transformation qui nous est proposée. »
Les syndicats craignent une perte d’environ 100 millions d’euros et de 400 postes pour France Travail dans le budget 2027, après 515 postes supprimés en 2026, dans un contexte de 2,5 milliards d’euros d’économies demandés au ministère du Travail. Ils s’inquiètent aussi de la généralisation d’ici avril d’un accompagnement à deux niveaux (« intensif » et « essentiel ») et de l’application variable du barème de sanctions en vigueur depuis 2025.
Guillaume Bourdic, de la CGT, dénonce que, en cas de « remobilisation », les versements d’allocations reprennent sans rattrapage des sommes non versées, contrairement à la loi. Les syndicats demandent un moratoire sur le déploiement de l’intelligence artificielle, utilisée selon eux comme « outil pour gérer les effectifs », tant qu’un accord collectif n’est pas signé.


