Betterave : récolte au plus bas depuis 1980, un milliard de pertes

En septembre 2026, la campagne de récolte des betteraves sucrières, qui s’étend habituellement jusqu’en décembre, s’ouvre sur une production en fort recul dans plusieurs régions productrices situées au nord de la Loire.

Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, estime la récolte à 25,4 millions de tonnes, en repli de 29 % sur un an. La production est attendue au plus bas « depuis au moins 1980 ». Le rendement recule de 24 % et les surfaces cultivées de 6 %.

La sécheresse et les fortes chaleurs ont ralenti la croissance des racines et affaibli les plantes, favorisant la prolifération des charançons et du rhizopus, une maladie fongique. Une part des betteraves n’est plus vendable auprès des coopératives sucrières.

Au-delà de 20 % de betteraves non marchandes par parcelle, les coopératives refusent la récolte : le tri des racines n’est pas praticable et récolter coûte alors plus cher que de laisser le produit sur place. Les agriculteurs doivent enfouir les betteraves non commercialisables après le passage de l’expert d’assurance.

La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) évalue à un milliard d’euros les pertes de la filière à l’échelle nationale. Cyrille Milard, président de la CGB Île-de-France, indique que la profession n’avait « jamais “pas récolté” ». Il rappelle que, lors de la sécheresse de 1976, « on avait récolté 30 tonnes ».

La betterave sucrière figure parmi les grandes cultures les plus touchées par la sécheresse, le maïs et la pomme de terre, et connaît de fortes disparités selon les territoires.

Une culture ancrée depuis Napoléon

Cultivée en France depuis Napoléon pour répondre au blocus continental britannique, qui coupait l’accès au sucre de canne, la betterave fournit du sucre, de l’alcool pour les spiritueux ou la pharmacie, ainsi que du bioéthanol. La France reste le premier producteur de sucre en Europe et compte 19 sucreries, réparties entre deux groupes coopératifs et un groupe industriel, quasi toutes situées à moins de 30 km des exploitations. Six usines ont fermé depuis 2019 et les surfaces cultivées diminuent.



Le Journal des Francais