Primaire social-démocrate : Royal confrontée sur l’Ukraine et Israël

Les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate se sont affrontés mercredi 23 septembre lors d’un débat au format « face aux Français ». Ségolène Royal y a été contredite par ses rivaux sur la guerre en Ukraine et sur le conflit à Gaza.

Sur l’Ukraine, l’ancienne ministre a plaidé pour une négociation avec la Russie. « Il faut aider l’Ukraine à obtenir une paix juste et durable », a-t-elle exposé, ajoutant qu’« il faut continuer cet équilibre entre la force de défense et la force de négociation, de médiation ». Elle a regretté que parler de paix vaille d’être « traité de poutinolâtre ».

Raphaël Glucksmann a objecté que Vladimir Poutine « n’a aucune intention de négocier avec nous ». Les Russes « se vivent dans une adversité totale à notre égard », a-t-il poursuivi : il faut « être fermes, résister, aider les Ukrainiens parce que c’est notre première ligne de défense ».

Le député Jérôme Guedj a relevé « un flottement » chez Mme Royal. En 2022, au début de l’invasion russe, celle-ci avait mis en doute la réalité de certains massacres, dont celui de Boutcha, avant de présenter ses excuses. Elle a de nouveau écarté mercredi les accusations de complaisance envers le Kremlin.

Sur Gaza et l’antisémitisme, Ségolène Royal a affirmé que « la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » du pays, et qu’il faudrait « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe à Gaza est intolérable ».

« C’est incroyable comme injonction », a réagi Jérôme Guedj. « Dire que c’est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c’est essentialiser le conflit. » Raphaël Glucksmann a jugé que c’est « avec ce type de discours qu’à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu’ils ont une kippa ».

Les candidats se sont aussi opposés sur le terme de « génocide ». Raphaël Glucksmann a prévenu qu’un dirigeant « fermement attaché à l’universalisme républicain » doit « faire très attention dans les mots qu’on utilise » dans une situation « tellement inflammable, avec un essor de l’antisémitisme ». « Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide », a répondu Ségolène Royal.

Olivier Faure a défendu l’usage de ce mot, car « ça a un poids ». « Quand Pedro Sánchez parle d’un gouvernement génocidaire, ça a du poids. Et nous avons besoin de ce poids-là pour dire stop à ce massacre insupportable », a-t-il insisté.

Ségolène Royal a dénoncé des « procès d’intention » et des « caricatures » de sa pensée.

Le premier tour de la primaire se déroule les 9 et 10 octobre. Y participent Ségolène Royal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.

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