L’avocat général Philippe Courroye a requis mercredi 23 septembre, devant la cour d’assises de Paris, 27 ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol, accusé d’assassinat, et 20 ans de réclusion contre Romain Bouvier, accusé de tentative d’assassinat.
Federico Martin Aramburu, ancien rugbyman du Biarritz Olympique âgé de 42 ans, a été tué par balles le 19 mars 2022, boulevard Saint-Germain à Paris, près du bar Le Mabillon. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans un réquisitoire de plus de quatre heures, l’avocat général, âgé de 67 ans, a qualifié les faits de « règlement de compte », de « chasse à l’homme » et de « mort pour rien ». Il a dénoncé « la vérité travestie » et les « petits arrangements avec la vérité » des accusés, anciens militants du Groupe union défense (GUD).
Philippe Courroye a décrit une « mécanique meurtrière ». Une altercation alcoolisée a éclaté sur la terrasse du Mabillon à 5 h 52. Loïk Le Priol a donné deux claques à Shaun Hegarty après l’avoir traité de « con » et lui avoir dit : « Ferme ta gueule, je vais te fumer, j’irai baiser ta mère ». Federico Martin Aramburu a tiré sur la capuche de Loïk Le Priol en partant. Une poursuite s’est engagée en 4×4 puis à pied. Selon l’avocat général, Romain Bouvier a vidé son chargeur en quatre tirs volontaires, marquant une « intention homicide caractérisée », avant que Loïk Le Priol ne tire six coups, dont trois dans le dos après une empoignade, des « tirs dans des zones vitales » portant une « intention homicide incontestable ».
L’avocat général a écarté la légitime défense, le « réflexe militaire », le stress post-traumatique et « l’effet tunnel » invoqués par la défense. « Où est la menace ? Où est l’attaque ? En aucune manière sa vie n’est menacée », a-t-il déclaré. Il a qualifié Loïk Le Priol et Romain Bouvier de « frères d’armes » ayant « administré leur justice privée ».
Loïk Le Priol, ancien commando marine sélectionné en 2012 pour les forces spéciales, et Romain Bouvier, ayant fréquenté la faculté de droit Paris‑Assas, avaient intégré le GUD au début des années 2010. L’accusation a relevé qu’ils détenaient des armes pour une valeur de plus de 24 000 euros et qu’un exemplaire de Mein Kampf se trouvait dans l’appartement de Romain Bouvier.
Le verdict est attendu vendredi 25 septembre.


