Roland Lescure n’a pas signé la lettre européenne sur la taxe pétrolière

Mercredi 23 septembre, sur France 5, le ministre de l’Économie Roland Lescure a fait savoir qu’il n’était pas signataire de la missive par laquelle six États membres de l’UE demandent une taxe exceptionnelle visant les pétroliers. Fin août, l’Espagne, le Portugal, la Pologne, l’Autriche, l’Italie et l’Allemagne avaient transmis ce courrier à la Commission européenne, dans un contexte de forte hausse des profits du secteur liée à la guerre au Moyen-Orient.

« En gros, ils pointaient du doigt Total, ils pointaient du doigt les producteurs. Je pense que le sujet aujourd’hui, il est plus dans le raffinage, c’est un sujet européen. J’ai insisté pour qu’on le regarde au niveau européen et j’espère qu’on va le faire », a-t-il déclaré.

Si l’objectif « est de taxer au niveau européen une compagnie française pour que les recettes aillent à Bruxelles, avec une usine à gaz (…), je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution », a-t-il ajouté.

Lundi, Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire socialiste, a reproché à l’exécutif de « bloquer » cette initiative pour ne « pas heurter monsieur (Patrick) Pouyanné, PDG de TotalEnergies ». Mercredi matin, Serge Papin, ministre des PME et du Commerce, a affirmé : « Je n’ai pas envie d’embêter Total ». De son côté, Roland Lescure a indiqué n’avoir « ni envie d’embêter Total, ni envie de faire plaisir à Total ».

Selon le ministre, il s’agit d’aider les Français confrontés à la hausse des prix sans compromettre l’approvisionnement. « On a zéro enjeu d’approvisionnement, et c’est en grande partie parce qu’on a une grande compagnie pétrolière », a-t-il souligné, en référence à TotalEnergies. « Ceux qui ont signé la lettre n’ont pas de grande compagnie pétrolière », a-t-il relevé.

« Si demain vous bloquez les marges des raffineurs, ils iront vendre leur essence ailleurs. Et là on aura des vraies pénuries en France », a-t-il estimé.

Dans le réseau TotalEnergies, le litre de SP95-10 ne dépasse pas 1,99 euro et celui du gazole 2,25 euros, alors que la moyenne nationale s’établit respectivement à 2,16 euros et 2,40 euros. Ce plafonnement, rétabli dès le début de la guerre au Moyen-Orient, a représenté pour le groupe un coût de « entre 250 et 300 millions » d’euros, selon son PDG Patrick Pouyanné. Au premier semestre, le bénéfice de TotalEnergies a doublé.



Le Journal des Francais