Les partenaires sociaux gestionnaires de l’Agirc‑Arrco ont examiné mercredi 23 septembre au soir les prévisions actualisées de l’Insee sur l’inflation, les salaires et la croissance, en vue de fixer l’évolution des pensions complémentaires au 1er novembre.
L’an dernier, l’absence d’accord avait conduit au gel des pensions des quelque 14 millions de retraités du régime, ainsi que de la valeur d’achat du point. Syndicats et patronat cherchent cette fois un accord d’ici mi-octobre. Avec une inflation estimée à 2 % pour l’année, la revalorisation doit s’inscrire entre 1,2 % et 2 %.
Les règles du régime prévoient en principe une sous-indexation de 0,4 point par rapport à l’inflation. Le conseil d’administration peut toutefois porter le taux jusqu’à l’inflation, ou le minorer de 0,4 point supplémentaire. Toute hausse doit respecter la « règle d’or » : conserver en réserve l’équivalent de six mois de versements à tout moment sur les quinze prochaines années. Les réserves atteignent aujourd’hui environ 90 milliards d’euros, soit dix mois de prestations.
Deux paramètres limitent les marges de manœuvre. Le résultat technique du régime devrait être proche de zéro cette année. La hausse des pensions ne peut en outre excéder celle des salaires : l’Insee évalue l’évolution du salaire moyen autour de 2 %, susceptible d’être révisée à 1,8 % ou 1,9 % d’ici début octobre.
Le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, estime que le régime « a largement les moyens » d’une revalorisation de 2 %, alors que l’exécutif envisage de geler une partie des pensions de base. Le Medef a dit souhaiter un accord, tout en affirmant ne pas pouvoir « occulter le contexte », notamment « la dégradation » des finances publiques et des prix de l’énergie. L’organisation patronale entend « faire preuve de responsabilité » pour « préserver durablement le régime ».
« Il existe toutes les raisons d’aboutir à une revalorisation (…) pour autant, aucune décision n’est prise aujourd’hui », a déclaré la négociatrice de Force ouvrière, Séverine Privat. Fabien Guimbretière (CFDT) a jugé que « le régime est solide, les conditions sont réunies pour une négociation sereine ».
Le conseil d’administration décisif se tiendra le 14 octobre. La part complémentaire Agirc‑Arrco représente entre 30 % de la pension totale pour les faibles revenus et 60 % pour les cadres.


