CPF : le reste à charge pourrait atteindre 350 euros

Mercredi 23 septembre, l’entourage de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a fait savoir que le reste à charge sur le compte personnel de formation (CPF) pourrait grimper à 350 euros lorsqu’un salarié opte pour une formation hors priorités et sans cofinancement, au lieu des 150 euros en vigueur. Le montant, retenu pour les simulations budgétaires, sera précisé par décret.

« Lorsque la formation ne correspond pas à une priorité identifiée et ne bénéficie d’aucun cofinancement, il est légitime que son titulaire contribue davantage à son financement », a précisé l’entourage.

Avant d’utiliser ses droits, chaque usager, qu’il soit en emploi ou au chômage, devra renseigner un questionnaire portant sur son projet professionnel et sur la formation visée. Une liste de certifications, fixée par arrêté après avis des partenaires sociaux et des organisations patronales, servira de référence pour juger du caractère prioritaire du parcours.

Pour une certification prioritaire, les actifs qui ne sont pas demandeurs d’emploi verseront 150 euros. Sans cofinancement, les demandeurs d’emploi s’acquitteront aussi de 150 euros si la certification n’est pas prioritaire. L’exonération vaut en revanche pour tout actif dont le cofinancement atteint au moins 150 euros, et pour les demandeurs d’emploi engagés sur une certification prioritaire.

Inscrite dans le projet de budget 2027, la disposition doit dégager entre 300 et 350 millions d’euros d’économies. Dès le budget 2026, l’exécutif avait resserré le dispositif : plafonds de droits par formation, permis de conduire réservé aux chômeurs, et reste à charge porté de 100 euros en 2024 à 150 euros en 2026.

Mi-juillet, Jean-Pierre Farandou avait dit vouloir s’assurer que les achats via le CPF collent aux trajectoires professionnelles et aux besoins du marché du travail. L’intelligence artificielle figure parmi les priorités nationales, appuyée par un recours accru aux cofinancements. Défense, industrie, souveraineté alimentaire, transitions écologique et numérique, médico-social : autant de filières présentées comme stratégiques.

Arnaud Portanelli, cofondateur de Lingueo, a déploré : « On voit que les dernières réformes ont vraiment contraint la liberté de choisir son avenir professionnel » et « On est libre, mais on est libre de payer ».

Le texte n’a pas encore été adopté. Une application n’est pas attendue avant début 2027.



Le Journal des Francais