L’Urssaf a réclamé mercredi 23 septembre 2,7 millions d’euros à Foodora et à deux de ses anciens dirigeants lors d’une audience devant le tribunal judiciaire de Paris. L’ensemble du volet dommages et intérêts a été renvoyé au 27 janvier 2027.
La plateforme allemande de livraison de repas et deux ex-gérants avaient plaidé coupable en mars pour travail dissimulé. Deux cent trente et un anciens coursiers attendent une indemnisation. Trois syndicats — Solidaires, la Fédération SUD commerce et services et la CNT-SO — sont également parties civiles.
La procureure s’est opposée au report, jugeant que la procédure de plaider coupable « vise à être rapide ». Elle a évoqué un « cadre procédural particulier ». La présidente a accédé à la demande de la défense, tout en déplorant avoir reçu mardi, de façon tardive, les conclusions de l’Urssaf et celles des conseils des mis en cause.
« Les 231 coursiers que nous représentons regrettent évidemment de perdre quatre mois de plus », a déclaré Me Kevin Mention, avocat des anciens livreurs, trouvant « absolument inadmissible » ce report alors « que la société a reconnu sa culpabilité » au printemps. Pour l’audience, il demandait entre 3 000 et 6 000 euros de préjudice moral selon l’ancienneté, et entre 4 000 et 6 000 euros de préjudice financier par personne. Il a aussi indiqué qu’aucun certificat de travail ni attestation France Travail n’avait été remis aux plaignants.
Me Joël Grangé, avocat de Foodora, a nié toute manœuvre dilatoire. « Nous sommes en pourparlers avancés avec l’Urssaf », a-t-il souligné, en espérant de « bonnes nouvelles » pour le rendez-vous de début 2027.
Le représentant de l’Urssaf s’est rangé du côté du renvoi, mentionnant un « préjudice fluctu¬ant » en raison de fonds déjà perçus de la société, et s’interrogeant sur d’éventuels versements ultérieurs.
Foodora a mis fin à son activité en France en 2018. L’Urssaf avait répertorié 4 600 coursiers à vélo ou scooter présentés comme travailleurs indépendants, alors qu’ils auraient dû être salariés, d’après l’enquête judiciaire.
En mars, Foodora avait accepté une amende de 200 000 euros. Boris Mittermüller et Stéphane Mac Millan Gay avaient reconnu leurs torts et accepté des amendes respectives de 50 000 et 20 000 euros, ainsi qu’une interdiction de gérer une société pendant trois ans avec sursis.


