L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé mercredi de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale pour 2026, à 2,9 %, dans son rapport trimestriel. L’activité progresserait ensuite de 3 % en 2027, soit 0,1 point de moins que lors de l’estimation précédente.
Ce rythme marque un freinage par rapport aux 3,4 % de 2025, sous l’effet de prix de l’énergie plus élevés qui érodent le pouvoir d’achat. Le ralentissement s’annonce toutefois moins accentué qu’envisagé en juin en cas de « perturbations limitées dans le temps » liées au conflit au Moyen-Orient.
« La croissance économique mondiale a ralenti mais est restée résiliente », constate l’institution, basée à Paris. Elle met en avant les mesures de soutien public, le recours partiel à des matières premières de substitution, l’augmentation de l’offre hors économies du Golfe, les prélèvements sur les stocks de pétrole, ainsi que le dynamisme des activités liées à l’intelligence artificielle.
L’OCDE prévient que de nouveaux ajustements monétaires pourraient être nécessaires « si des signes de généralisation des tensions sur les prix apparaissent ou si les perspectives de croissance se dégradent sensiblement ». Plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine, ont relevé leurs taux directeurs, ce qui pèse aussi sur la consommation et l’investissement.
Les perspectives restent tributaires de l’évolution du conflit engagé fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui affecte la distribution du pétrole et du gaz, notamment par le verrouillage du détroit d’Ormuz. Les cours du pétrole sont repassés mardi sous les 100 dollars le baril, sur fond d’espoir d’avancées diplomatiques alors que l’Assemblée générale de l’ONU se tient à New York.
L’envolée des taux souverains de plusieurs États, dont la France, ajoute à l’incertitude. Les taux d’emprunt français à long terme, autour de 4,50 %, se situent au plus haut depuis au moins quinze ans et fragilisent la situation budgétaire. L’organisation appelle à des aides publiques ciblées et limitées dans le temps face aux prix de l’énergie, ainsi qu’à une maîtrise accrue de la dépense publique.
Pour la France, deuxième économie de la zone euro, la prévision a été abaissée à 0,4 % en 2026 (−0,3 point) et à 0,7 % en 2027 (−0,1 point). L’OCDE juge le pays particulièrement exposé, en quête d’un nouveau budget et à l’approche d’une élection présidentielle au printemps. La zone euro est attendue à 1 % en 2026 (+0,2 point), soutenue notamment par l’Allemagne (1,1 %, +0,4 point). En 2027, l’activité se stabiliserait en Allemagne (1,1 %) et s’établirait à 1 % pour l’ensemble de la zone (−0,2 point).
L’organisation se montre plus optimiste pour les États-Unis (2,2 % en 2026 et 2,1 % en 2027) et anticipe pour la Chine un ralentissement à 4,5 % cette année, puis 4,2 %.


