La consommation de bio progresse de 4,8 % au premier semestre 2026

La consommation de produits issus de l’agriculture biologique a progressé de 4,8 % en valeur au premier semestre 2026, sur l’ensemble des filières, a indiqué l’Agence bio.

Les ventes ont augmenté de 9,3 % dans les magasins spécialisés et de 2 % en grande distribution, ce circuit qui concentre la moitié des achats.

« Encore une année comme ça et on aura rattrapé complètement les 15 % de baisse qu’on a pu avoir » lors de la crise inflationniste de 2022, a déclaré à l’AFP Bruno Martel, président de l’Agence bio.

Le responsable explique que, depuis un an, les prix des produits conventionnels se sont « beaucoup rapprochés » de ceux du bio, tandis que transformateurs et distributeurs ont de nouveau mis en avant des références parfois moins visibles en rayon. Il évoque aussi un intérêt accru des consommateurs pour l’origine et les modes de production des aliments, après la crise au Moyen-Orient et un été caniculaire.

Du côté de la production, la dynamique redevient positive après trois années de recul des surfaces, ramenées à 2,69 millions d’hectares fin 2025 (−130 000 ha). Entre le 1er janvier et le 31 août 2026, le nombre de nouveaux producteurs bio a progressé de 14 % et les arrêts d’activité ont reculé de 13 % par rapport à la même période de 2025, pour un solde positif de 687 exploitants, notamment en élevage ovin, maraîchage et fruits.

Bruno Martel juge cette reprise du nombre de producteurs « significative », tout en parlant d’un « balbutiement » plutôt que d’une « euphorie ». L’Agence bio attend les données annuelles, notamment sur les surfaces, avant d’affirmer une remontée de la production. Les maraîchers bio ont par ailleurs subi cet été, selon lui, des baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 50 %, liées au manque d’offre et de fréquentation des marchés.

L’agriculture biologique occupe environ 10 % des surfaces agricoles, loin de l’objectif de 21 % fixé pour 2030. Elle représente moins de 6 % de la consommation à domicile, 6 % des achats des quelque 85 000 cantines — pour une cible de 20 % en 2030 — et 1 % des approvisionnements des restaurants. M. Martel estime qu’il faut au moins 10 % de linéaire visible en magasin pour laisser le choix au consommateur.

À l’occasion de la Journée européenne du bio, mercredi, les trois restaurants de l’Élysée ont proposé un déjeuner bio à 400 collaborateurs du palais présidentiel.



Le Journal des Francais